CSBE -ABIDJAN: LES 5 GRANDES LECONS D’UNE CONSULTATION BIZARRE

Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi. Le vin électoral est tiré, il faut le boire. Les 5 Délégués CSBE de la juridiction consulaire d’Abidjan élus pour les 5 sièges entreront incessamment en fonction. On attendra d’eux des résultats, au prix de leur poche et leur disponibilité, puisque tous ils savent que leur mission est frappée du sceau du volontariat et du patriotisme. Il faut dès à présent tirer quelques leçons de cette consultation, qui a connu peu d’engouement au regard de la masse qu’est la communauté burkinabè vivant dans la juridiction consulaire d’Abidjan.

1-Les électeurs n’ont pas donné une chance au genre, ne serait-ce qu’en offrant à l’unique femme (Sonia Kaboré) qui était en lice un siège. On pourrait déduire que de deux choses l’une, soit l’unique femme candidate n’a aucune influence sur les électeurs, soit l’électorat diaspo est féodal. C’est selon.

2-Les délégués CSBE élus ont la légalité, mais pas la légitimité. Sur une population de pas moins du million de burkinabè, seuls 3891 ont constitué le Corps électoral. Même si on ne peut pas contraindre le Million de burkinabè à élire (puisque ici le vote n’est pas obligatoire), on conviendra au moins que 3891 personnes inscrites, c’est une goutte d’eau dans la mer. Et de surcroit, moins de 1200 sur les 3891 personnes auront contribué à départager les 13 candidats d’Abidjan, en donnant leur onction aux 5. On conclura que les 5 réunis n’ont même pas pu obtenir les voix de la moitié du corps électoral. En conséquence, s’ils sont légaux parce qu’élus, ils n’ont aucune légitimité, au regard de cette minorité qui a fait le choix de la majorité.

3-La légitimité de chaque nouveau délégué s’acquerra sur le terrain. On peut certes être mal élu (parce que élu par une minorité) et bien réussir son mandat en abattant un travail d’Hercule et en veillant à préserver ou accroitre son capital crédit vis-à-vis de la masse.

4-Cette élection préfigure le derby électoral de 2020 qui va opposer dans la diaspora les partisans du CDP et ceux du MPP. Au sein des différentes communautés de la diaspora, on a eu l’impression (heureusement que c’est une impression) que ces élections CSBE cachaient bien une certaine adversité voire des rancœurs politiques entre quelques partisans de Blaise Compaoré et ceux de Roch Kaboré. La preuve, on apprend que l’unique femme en lice a payé cher au niveau de son électorat potentiel (les femmes) son adhésion au MPP.

5Les populations font preuve d’un désenchantement dans leurs rapports avec la Représentation diplomatique. Le temps de l’effervescence ou de l’engouement semble révolu. Les différentes incompréhensions sur la question de la carte consulaire (cout et qualité) y seront-elles pour quelque chose ? Bien malin qui saura y donner une réponse convaincante.

En attendant, bon vent à nos élus : Lompo Sayouba, Savadogo Mamadou, Sawadogo Moumouni, Toé Ben Souleymane et Savadogo Lassina.

DIASPO24.INFO

 

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