Entretien – Tahirou Ag Taglif, Président par intérim du CNB-CI : ‘’Il est trop tôt d’évoquer la succession de Salogo’’

Né à Séitanga, une bourgade distante de 43 km de Dori au Burkina Faso, Tahirou Ag Taglif, après des études franco arabes, et un passage de près de 13 ans dans l’Armée burkinabè, a déposé ses valises en Côte d’Ivoire en 1981. Opérateur économique. Il est jusqu’ à ce jour Président de l’Association Kal-Tamasaheq du Niger, Burkina Faso, Mali et Côte d’Ivoire réunis. Vice-Président du CNB-CI, il assure l’intérim de Salogo Mamadou, décédé le 17 janvier 2020. Diaspo24.info a été à sa rencontre à son domicile en bordure de Mer à Vridi, et contre manifestement l’obligation de réserve qu’il voulait s’imposer, lui a arraché des réponses franches à des questions qui ne sauraient laisser la diaspora indifférente.

Bonjour Président Taglif, voilà un mois déjà que la Communauté burkinabè a été frappée par le rappel à Dieu du Président Salogo Mamadou. Dites-nous comment vous avez appris et vécu la nouvelle de sa disparition ?

Permettez, Monsieur le Journaliste, que nous observions avant tout propos une minute de silence pour saluer sa mémoire (On observe un bref silence). Merci, qu’il repose en paix auprès de Allah ! Je dois dire que Salogo sentait venir sa mort. Trois mois avant son décès, il m’a appelé en ma qualité de 1er Vice-Président pour une séance de travail au cours de laquelle nous avons aplani de nombreux points de divergences. Le jour où il s’en allait pour le Maroc pour son dernier rendez-vous médical, il m’a, de nouveau, fait appel. Il m’a conseillé de me battre avec la direction du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNB-CI) de sorte que la cohésion, la paix et l’entente soient de mise. Le même jour, dans la soirée, il s’est envolé pour le Maroc pour des soins, d’où il mourra. (Il fait un soupir avant de poursuivre). Aujourd’hui, je comprends son ultime démarche comme une transmission de dossiers. Je dois dire que malgré son état de santé très préoccupant, il avait prévu un tafsir, qu’il nous a demandé d’honorer en son absence du pays.
Le jour de son décès, j’étais invité au Consulat général à Abidjan, à la cérémonie de restitution des Passeports et Cartes Nationales d’Identité Burkinabè (CNIB). Chemin faisant pour ce rendez-vous, j’ai reçu un coup de fil pour me dire que les nouvelles n’étaient pas bonnes du côté du Maroc. Mais l’information n’était pas encore confirmée. Mais juste après la cérémonie, la nouvelle s’est avérée. Triste ! Salogo s’était ainsi endormi ! Qu’il repose en paix !

Comment se fera sa succession au sein du CNB-CI ?

C’est trop tôt d’évoquer une telle question. Laissez-nous le temps de faire notre deuil. Je pense qu’il faut respecter la mémoire de ce grand patriote burkinabè, qui se sera élevé partout où besoin en était pour la cause du Burkinabè.

Mais si vous restez procéduriers, les appétits, intrigues et récupérations vont naitre et empoisonner cette cohésion voulue par le regretté ?

Pour l’heure, je n’ai pas encore observé cela. Personne ne me l’a encore signifié. Mais on entend de petites agitations, sans plus. Je compte en ma qualité de 1er Vice-Président et donc Président intérimaire convoquer une Assemblée générale, après le 8 mars 2020 pour expliquer la situation aux membres des instances du CNB-CI et surtout écouter leurs desiderata. Moi je n’ai aucune directive à donner. Je suivrai l’orientation que la structure voudra.

Mais vous avez quand même une vision de CNB-CI que vous pourrez souhaiter voir ?

Oui, naturellement ! Il faudrait que désormais il y’ait une grande entente et un profond respect entre le CNB-CI et l’Union des Chefs et notables burkinabè. Tirant les leçons de divisions et crises profondes dans notre récent passé, il faudrait qu’on y songe sérieusement. Notre communauté a besoin de paix et de sérénité. Et fidèle à ses objectifs, le CNB-CI devrait pouvoir travailler à cela.

Ceci sera-t-il également valable dans votre approche vis-à-vis de l’Ambassadeur Zongo Mahamadou, avec qui Salogo avait un commerce difficile ?

Vis-à-vis de l’Ambassadeur Zongo, nous privilégierons le dialogue, la concertation et l’écoute. J’ai foi qu’on va s’entendre. Il n’y a pas de doute !

Le Burkina Faso est véritablement en proie à de récurrentes attaques terroristes. Si les populations n’y prennent garde, le pays risque de basculer dans une crise identitaire ou un génocide dirigé contre une communauté donnée. Quel appel lancez-vous à ce sujet ?

Je condamne ces attaques criminelles avec la dernière énergie. Rien, absolument rien ne saurait justifier ces attaques sauvages et Les Burkinabè selon la signification du nom sont des personnes intègres. Sachons rester intègres. Les gens essaient de nous opposer, de nous diviser. Sachons rester vigilants, avec beaucoup de discernement.

Diaspo24.info

 

 

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