Congrès extraordinaire du Mouvement politique  C’est le Moment Les bons et mauvais points d’un rendez-vous historique

 

Les faits sont têtus et sacrés. Ils ont été publiés hier, à plusieurs jets, sur votre site au cœur de la diaspora. Aujourd’hui et à froid, l’heure doit être à l’analyse (et aux commentaires) de manière à tirer tous les enseignements et bénéfices pour le bonheur de cette diaspora, qu’on dit défendre avec dévouement et générosité.

 

  • Les Bons points

 

1-Pour la première fois de son histoire, la diaspora enregistre un Mouvement revendiquant officiellement et clairement la sphère politique. Les regroupements vu jusque- là, de mémoire de journaliste, s’inscrivent toujours dans le registre d’une association apolitique, et, en sous-marin,  flirtent avec  des formations politiques, qui leur dictent des actions. ‘’C’est le Moment’’, donc assume sans complexe ses ambitions et son univers.

2-Pour une initiative historique, le lieu (Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire), quel que soit sa cherté, a honoré l’image des organisateurs, des congressistes et des communautés dont ils sont issus.

3-Les moyens technologiques innovants avec le numérique, la visio-conférence et un matraquage médiatique ont permis même à qui voulait ignorer l’évènement d’être assailli par des infos, dans son retranchement.

4-C’est le Moment, plus exactement son leader Moumouni Pograwa, se positionne plus que jamais comme l’un des interlocuteurs directs de Kossyam, et de fait, portera stratégiquement les préoccupations des Burkinabè de l’Etranger. En dehors des couloirs traditionnels ou institutionnels.

5-En contrepartie de son soutien à Roch Kaboré, ‘’C’est le Moment ‘’ fait d’alléchantes propositions dans son mémorandum. Au No1, il demande un Ministère d’Etat des Burkinabè de l’Extérieur. Au No17 exige la réforme des Ministères des Affaires étrangères et de la Fonction publique afin que les compétences de la diaspora soient utilisées dans les ambassades et consulats. Au No 19 exige la mise en place de permanence de l’ONI dans les consulats et ambassades durant le quinquennat afin de faciliter l’établissement des cartes consulaires, des CNIB et des passeports.

6-Le travailleur mérite son salaire, c’est connu. Les post-productions, vidéos et boucans médiatiques sont sans nul doute monnayables. ‘’C’est le Moment’’ pourrait de manière légale et élégante passer à la caisse. Le bonus en rajout pourrait s’effectuer plus tard, s’il a pu mobiliser plusieurs des 22 000 burkinabè de l’étranger enrôlés par la CENI afin qu’ils accordent un second bail présidentiel à Roch Marc Kaboré, au soir du 22 novembre 2020.

 

 

  • Les mauvais points

 

1-Comme plusieurs associations, ‘’C’est le Moment’’ ne sourcille ou ne se gêne même pas d’abusivement parler au nom de la Diaspora. C’est illégal et faux. Pourquoi ? Simplement parce que personne n’a mandaté C’est le Moment à parler au nom des parents. On adhère librement dans une association. Les associations en tant que telle sont chacune indépendante les unes des autres, avec des objectifs souvent similaires, par moment complémentaires. Sur quelle base, C’est le Moment peut-il s’arroger le droit de parler au nom de la Diaspora. Ce serait juste et modeste de parler au nom de ‘’C’est le Moment’’.

2-‘’C’est le Moment’’, en deux ans d’existence, a opté de cheminer comme un mouvement politique, pas un parti politique. C’est le Moment soutient la candidature du Président Roch Marc Kaboré. Ce qui le confond à un mouvement de soutien, ni plus ni moins. Pourquoi ne pas alors s’inféoder aux sections extérieures du MPP ? Cette approche aurait facilité les rapports des ténors du mouvement avec les animateurs du parti à l’extérieur et annihilé la campagne de diabolisation et de division entre parents, denrée abondante au sein de la diaspora.

3-En choisissant de s’inféoder en soutenant le Président candidat Roch Kaboré, quel avenir les animateurs ‘’C’est le Moment’’ tracent-ils pour le Mouvement ? Quelle figure auront-ils si le 22 novembre consacrait la chute du MPP ? Que deviendrait le fameux mémorandum ? Un autre acteur politique au pouvoir en 2021 se sentira-t-il en devoir de le lire et d’y donner une suite ?

4-Pour une transparence, nombre de congressistes attendaient d’en savoir un peu plus sur les cas de démissions enregistrées, il y’a à peine un mois. Black-out ! Pourtant, le traitement des motifs de ces départs pourrait prémunir le bureau de Moumouni Pograwa d’une nouvelle hémorragie. Qui  quoique fréquente dans les formations politiques petites comme grandes, n’en n’est pas moins une fausse note dans la Symphonie.

5-Le ‘’Je’’, ‘’je’’ de Monsieur Pograwa heurte un peu la conscience de nombre d’observateurs. Il faut parcourir son discours d’ouverture (publié sur notre support) et ses prises de paroles au cours du congrès pour s’en rendre compte. Leader incontesté dans ce regroupement (à preuve, le mouvement lui renouvelle un autre bail), Moumouni pourrait bien se passer de la promotion de sa personne, pour laisser saluer un travail d’équipe et d’experts autour de lui. Dans ce sens, une présentation officielle de chacune des personnalités assises à la Table de séance, aurait été politiquement et civilement correcte.

6- Des bénédictions ont été dites par le vénéré Guide Sarba, bénédictions appuyées de celles du leader venu du Soudan. Pour un équilibre et par souci de laïcité, il aurait été judicieux d’intégrer tout au moins la religion chrétienne. C’est le Moment n’est pas l’affaire seulement des adeptes de la sainte religion de l’Islam. Il est bon de le savoir et de le promouvoir.

7-Enfin, le fait qu’aucun parti politique invité n’ait déclamé un discours, si bref soit-il, à la cérémonie d’ouverture, n’est pas bon signe d’ouverture et de confiance. Dans toutes les démocraties, c’est un usage protocolaire qui a tout son sens.

 

Somme toute, il faut reconnaitre que pour avoir agi, c’est le Moment et ses animateurs, ont du mérite et du culot. Il vaut mieux être debout pour ses droits qu’être assis, serviles. Pograwa et son groupe l’ont fait, fidèles à cette pensée de Thomas Sankara. ‘’ « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère ‘’. Alors qui prend le relais ?

Diaspo24.info

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *