Diaspora – 1 an après le décès de Salogo Mamadou Comment ses ‘’héritiers’’ gèrent-ils son legs communautaire

17 janvier 2020. L’info venue du Maroc où était interné, pour raison de maladie, l’insaisissable Mamadou Salogo était amère comme une pilule. La mort avait raison eu du Président Salogo, affligeant la quasi-totalité des membres de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. L’homme n’était certes pas en odeur de sainteté pour tous, pour sa liberté de pensée et d’action, mais même ses plus farouches adversaires en ont été sérieusement émus, sonnés et abattus devant l’irréparable.

Demain 17 janvier 2021 sonnera donc comme le 1er anniversaire de son rappel à Dieu. Il est recommandé, ne serait-ce que pour les courts instants de sympathie ou de fraternité vécus avec le défunt, que tous ceux qui l’ont connu, adulé ou même combattu idéologiquement, aient pour lui une pensée pieuse, afin qu’il repose éternellement en paix auprès du Créateur. Dans cette dynamique, sa famille prévoit un recueillement et une cérémonie de lecture de coran, à la mosquée sise à sa résidence du quartier de Koumassi-Divo. Ladite prière sera couplée de la cérémonie du Maouloud, apprend Diaspo24.info.

A côté de l’hommage mérité à cet illustre disparu, il convient, 1 an après la disparition de Mamadou Salogo, de se demander comment ses héritiers de la diaspora gère son héritage sur le volet social. La bonne question à se poser, sans dilettantisme, est de savoir si un homme de la carrure de Salogo est remplaçable même ? Tant l’homme était à la fois actif, généreux, fonceur, mais aussi cassant et sulfureux. Un an après sa mort, les différentes structures dont il portait la casquette, à vue d’œil, cherchent encore leurs marques.

Au niveau de l’Union Culturelle des Arts et Danses traditionnelles, une AG sera convoquée prochainement pour dynamiser cet instrument piloté par son cousin, homme également à plusieurs casquettes, l’infatigable Mamadou Savadogo, dit Zoodoh. Ce dernier a regretté que le combat mené pour qu’une troupe de la Diaspora, en l’occurrence celle d’Attécoubé prenne part au printemps à la Semaine Nationale de la Culture (SNC) ait été annihilé par la menace sanitaire de la maladie à Corona virus.

Au Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNB-CI), le Vice-Président de Salogo, M. Tahirou Ag Taglif est désormais aux affaires. Après quelques petites hésitations, les choses semblent entrées dans l’ordre. Au cours d’une cérémonie de relance des activités le 18 juillet 2020, au foyer des jeunes de Vridi Canal, qui a vu la participation des délégations de Yamoussoukro, Bonoua, Tiassalé, M’batto, il a remis les choses à flot et envoyé ses collaborateurs en mission de cohésion dans leurs bases. Ag Taglif qui s’était ouvert à Diaspo24.info lors d’un entretien avait indiqué mettre un point d’honneur sur la normalisation des rapports de la structure qu’il dirige désormais avec les entités de la diaspora. ‘’Il faudrait que désormais il y’ait une grande entente et un profond respect entre le CNB-CI et l’Union des Chefs et notables burkinabè. Tirant les leçons de divisions et crises profondes dans notre récent passé, il faudrait qu’on y songe sérieusement. Notre communauté a besoin de paix et de sérénité. Et fidèle à ses objectifs, le CNB-CI devrait pouvoir travailler à cela’’, avait-il promis, allant même jusqu’à envisager cette même attitude en direction même du Chef de la Mission diplomatique en Côte d’Ivoire. ‘’Vis-à-vis de l’Ambassadeur Zongo, nous privilégierons le dialogue, la concertation et l’écoute. J’ai foi qu’on va s’entendre. Il n’y a pas de doute’’, avait ajouté Président Taglif. ‘’Je ferai ce que je peux, mais je n’ai pas l’argent comme Salogo hein’’, ironise-t-il souvent.

Le gros appareil dont le moteur vient d’être remis à neuf, c’est bien l’Association Yatenga Côte d’Ivoire. Bélem Ousmane en a désormais le guidon, à l’issue de l’Assemblée Générale Elective du samedi 9 janvier 2021. Premier et unique Président de cette faitière depuis son élection le 22 décembre 2012, Salogo Mamadou n’avait pas pu organiser l’Assemblée ordinaire au terme de son premier mandat de 4 ans (2016) et du coup a eu droit à 2 mandats de fait (2012-2016-2020), et sa mort s’en est suivie. Président Bélem a en tout cas annoncé de bonnes intentions dans un discours fort engagé. Il a insisté sur la nécessité du pardon, de la réconciliation et de la solidarité entre fils du Yatenga, mais bien plus, sur la mise en œuvre de projets de développement au bénéfice des Ressortissants du septentrion burkinabè. Si ces annonces d’intentions venaient à voir le jour, ce serait sans nul doute un meilleur hommage à Salogo Mamadou et au-delà à tous ses devanciers : El hadj Gougnan Amadaou, El hadj Konfé Rasmané….

 

Diaspo24.info

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