A la LOUPE : Mamadi Billa

Qu’on se détrompe, qu’on ne se méprenne pas, qu’on ne me méprenne pas ! Se mettre au service de sa communauté est un sacerdoce souvent exercé au prix de sa vie. Et Billa Hamed en est une preuve tangible au sein de la communauté burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.
Être « humain » c’est faire preuve d’empathie par la manifestation de la bienveillance et de la compassion à l’égard d’autrui dans la communauté.
C’est tout le mérite de l’homme civilisé qui renie sa nature animale barbare, cruelle, violente et égoïste pour se conformer à la vertu morale, aux valeurs et aux principes de son « néohumanisme »par sa conscience..
Sans être négationniste, la communauté burkinabè vivant en Côte d’Ivoire est l’une des communautés étrangères la plus difficile voire difficile, pour ne pas dire le mot qui fâche.
Billa Hamed pourrait en témoigner de son vivant dans son état de rescapé miraculeux d’une attaque cardiovasculaire.
Jeune résident du Plateau, la commune la plus moderne et le centre des affaires d’Abidjan, il fait partie de nos aînés qui nous ont inspiré plus tard à créér l’Association des Jeunes Burkinabè du Plateau (AJBP) dont je fus le Président fondateur.
Fils de parents modestes dont le père fut l’un des premiers vigiles de la société d’État Ageroute au plateau, Hamed Billa s’est très vite mis dans les affaires, après les études et menait bien ses affaires dans la distribution de produits alimentaires puis dans la boulangerie moderne avec succès.
Patriote Burkinabè et fier de l’être, il fait partie de ceux qui disent qu’on ne jette pas une pierre à son village, bien qu’il soit bénéficiaire de la double nationalité ivoirienne et Burkinabè.
Par son statut social qui le met à l’abri du besoin, il a décidé de pousser son humanisme à sa véritable expression sociale au sein de sa communauté.
Se trouvant dans la période de mutation de la jeunesse Burkinabè en Côte d’Ivoire qui avait pour ambition de renverser la chaîne des valeurs d’une époque des parents vigiles, boys, cuisiniers et ouvriers en une époque de jeunes cadres dynamiques et éveillés, il décide de s’investir dans l’organisation de celle-ci, souhaitée par les autorités diplomatiques d’alors mais mal lui en pris de vouloir bousculer l’ordre préétabli du precaré des mossis, lui le bissa dont le groupe ethnique était mal vu et préjugé.
Malgré son volontarisme et son patriotisme il se heurte à un mur de préjugés et de calomnies infranchissable.
Il finira par baisser les bras et reculer pour mieux sauter. El il bondit tellement haut en esprit qu’il eut l’idée de créer sa propre association avec un nom tout aussi révélateur que provocateur de « Réveil Club » de la diaspora, comme pour sonner la fin du sommeil mais aussi le début de la révolte.
Ne se rebelle pas qui veut mais qui peut et il se donnera aussi les armes et les moyens de son réveil et de sa révolte.
Amoureux de la culture et du sport, il organise son association pour être aussi présente en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso, des voyages d’études, des visites touristiques et culturelles, des convois de supporters aux étalons, l’équipe nationale senior de football du Burkina Faso et bien d’autres activités sont leurs quotidiens avec un secrétaire général bien muticuleux et rigoureux en la personne de SANFO.
Tout semble aller comme sur des roulettes, l’œuvre est admirée de partout mais le mauvais oeil ne veut pas s’avérer vaincu. Des menaces à peine voilées et des défis mortels sont lancés ça et là mais le président fondateur du réveil semble ne rien craindre, puisqu’il est croyant pieux qui remplit ses devoirs religieux, ou a peut-être aussi son talisman en dessous du tapis des cinq prières quotidiennes ou encore comme le nom de son association l’indique, tel un Bouddha il a atteint l’éveil.
Mais hélas ! ni son assurance naïve, ni sa foi au tout puissant encore moins le pouvoir miraculeux d’un talisman pas plus que l’éveil bouddhique n’ont pas pu éviter le drame qui le guettait à travers une attaque cardiovasculaire qui lui a valu des semaines de coma à la clinique de la BCEAO à Abidjan.
Sauvé par le gong d’une expertise médicale avérée et des médecins expérimentés et dévoués il sort vivant avec une facture très très salée et des séquelles à vie.
Aujourd’hui abandonné à lui et à son propre sort il puise dans les économies pour faire face à ses soins et à sa pitance pendant que ses entreprises sont privés de son dynamisme et de sa clairvoyance pour se développer.
Malgré cela l’homme continue de braver son handicap physique et vocale pour être présent aux rendez-vous de sa communauté, toujours avec le même amour, sans haine ni rangaine.
L’homme a beau voulu fuir sa propre nature primitive sauvage pour vivre un humanisme civilisé au profit de sa communauté il est toujours rattrapé par la nature primitive féroce, cruelle, violente et barbare de ceux qui refusent la mutation.
Et comme on le dit l’homme reste toujours un homme pour l’homme, c’est à dire un loup pour l’homme.
Doit-on pour autant demeurer dans sa nature primitive et exceller en véritable Loup ? Non. loin s’en faut, l’homme doit pouvoir assumer sa transformation vers son humanité et son humanisme en se démarquant des loups car c’est bien pour cela qu’il a été doté d’une intelligence et d’une conscience : Conduire à sa transformation humaine pour dominer sur les animaux et le monde. C’est ça la force la plus élevée dans l’univers et non la barbarie sauvage.
Par Kabre Yamba
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