Economie

  • Les opérateurs économiques burkinabè en Côte d’Ivoire s’organisent en faitière

    Il existe désormais en Côte d’Ivoire et au sein de la diaspora burkinabè un Conseil des Opérateurs Economiques Burkinabè (COEBCI).

    Portée sur les fonts baptismaux, il y a quelques mois, avec la caution de la Représentation diplomatique et consulaire du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, cette nouvelle structure vient combler un grand vide au niveau de l’organisation de la communauté burkinabè, en l’occurrence le cercle des hommes d’affaires burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.

    A l’occasion de la tenue du 8ème Sommet du Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) entre le Burkina Faso et la République de Côte d’Ivoire, prévu du 26 au 31 juillet 2019 à Ouagadougou, nous vous proposons de faire la connaissance de cette nouvelle faîtière des hommes d’affaires burkinabè vivant au pays de Félix Houphouët BOIGNY.
    Créé le 08 décembre 2018, le Conseil des Opérateurs Economiques Burkinabè en Côte d’Ivoire est une association apolitique et à but non lucratif. Son objectif principal est de réunir les chefs d’entreprises et de sociétés burkinabè exerçant leurs activités essentiellement en Côte d’Ivoire dans un cadre de concertation, de solidarité, de partage et de défense de leurs intérêts. Ancien représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) à Abidjan, Monsieur Moussa OUEDRAOGO, président du COEBCI est formel : «Nous sommes une association qui fédère les entrepreneurs burkinabè exerçant en Côte d’Ivoire».

    Recevant les membres du bureau du COEBCI, le 05 juin 2019, l’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, SEM. Mahamadou ZONGO et le Consul Général du Burkina Faso à Abidjan, Benjamin NANA, ont prodigué des conseils à Moussa OUEDRAOGO et sa délégation. Ces conseils ont porté sur la nécessité et l’obligation de disposer d’une association « inclusive et qui bannit les clivages ethniques, politiques et religieux », selon les mots de l’Ambassadeur ZONGO.

    En retour, Moussa OUEDRAOGO et ses collègues ont indiqué à la Représentation diplomatique et consulaire que cette nouvelle structure est consensuelle, car c’est après de multiples concertations et échanges directs que le 11 janvier 2019, le Préfet d’Abidjan a donné une suite favorable à la déclaration et à la demande d’agrément du Conseil des Opérateurs économiques burkinabè de Côte d’Ivoire.

    Pour marquer sa présence sur le terrain, le COEBCI a déjà mené plusieurs activités. D’abord, le 04 mai 2019, les membres de la COEBCI s’étaient réunis à Yamoussoukro. Objectif, informer et sensibiliser les participants sur la nécessité d’adhérer à cette plateforme dans laquelle militent déjà des personnalités de renoms tels que les stylistes Pathé’O et Saint Jo, le DG du Groupe SERFIN, Mady OUEDRAOGO, et le PCA de la SITARAIL, El Hadj Issaka SAWADOGO. C’était la toute première sortie officielle du Conseil qui a mobilisé à Yamoussoukro plus de 200 opérateurs économiques. Cette rencontre a été une occasion pour Moussa OUEDRAOGO et ses collègues de se réjouir de la création de cette association. «Avec notre nombre en Côte d’Ivoire, nous pouvions réaliser de grandes choses si nous étions organisés. Nous sommes des gens travailleurs, disciplinés et polis. Ce que les Burkinabè n’ont pas réussi jusqu’aujourd’hui, c’est de se mettre ensemble pour que leur nombre soit visible et reflète leur présence. Si nous étions organisés, nous aurions pu construire quelque chose de plus représentatif pour notre honneur. Il est donc grand temps que nous puissions réfléchir à ces choses.Nous n’avons pas créé cette association pour faire de la politique. Chacun d’entre nous a son bord politique. Nous parlons de nous rassembler pour voir comment unir nos efforts et nos intelligences pour construire des écoles, des universités et les cliniques».

    Il y a eu également la séance de travail entre le bureau de la COEBCI et le président du Patronat burkinabè, le jeudi 16 mai 2019. Le Patron du patronat burkinabè, Monsieur Apollinaire COMPAORE, de passage à Abidjan, a indiqué lors d’une séance de prise de contact avec les membres du Conseil que «les portes du patronat burkinabè vous sont ouvertes. Le patronat burkinabè sera à vos côtés pour vous soutenir. Je vous encourage donc dans ce que vous faites pour la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire».

    Mais avant cette intervention, le président du COEBCI a longuement entretenu la délégation du patronat burkinabè sur les motivations qui ont valu la mise en place du Conseil. Il lui a expliqué de long et en large les objectifs et le bénéfice que la communauté burkinabè et partant le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire pourraient tirer de la mise en place de cette organisation. A l’endroit du président du patronat burkinabè, Moussa OUEDRAOGO a déclaré : «Nous fondons beaucoup d’espoir sur ce que le patronat peut apporter à notre structure en terme de conseils et d’orientation».

    Qui veut aller loin ménage sa monture. Faisant sien cet adage, le bureau exécutif du COEBCI a initié une formation à l’endroit de ses membres. C’était le 12 juin 2019 que les hommes d’affaires burkinabè, membres de cette faîtière, ont eu droit à une session de formation, à Abidjan, dirigée par le Ministre burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Monsieur Harouna KABORE et en présence de la représentation diplomatique et consulaire burkinabè.
    A cette occasion, le Ministre Harouna KABORE a fait une importante communication dans laquelle, il a non seulement exhorté les opérateurs économiques de la diaspora à investir au pays, mais surtout exposé les opportunités d’investissement au Burkina Faso. «La Côte d’Ivoire est le premier partenaire économique du Burkina Faso et elle se trouve être le pays qui accueille la plus grande diaspora. C’est pourquoi nous invitons les opérateurs économiques à contribuer au développement du Burkina Faso en y investissant», a lancé Harouna KABORE qui a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour les opérateurs économiques de la diaspora d’être sensibilisés sur les mesures incitatives mises en place par le Gouvernement burkinabè afin de faciliter les investissements. Il s’agit, entre autres, des avantages fiscaux et le nouveau code d’investissement. «Le Burkina Faso attend beaucoup des hommes d’affaires de la diaspora pour booster sa croissance économique».

    Prenant la parole, le président du Conseil a expliqué le bien-fondé de la structure qu’il dirige tout en précisant qu’elle n’a pas pour vocation de faire «gagner de l’argent» mais d’être un creuset de solidarité et de défense des intérêts de ses membres.

    On note également à l’actif du COEBCI, des visites des entreprises appartenant à ses membres influents. Il s’agit de l’usine de CIM Ivoire de l’homme d’affaires Inoussa KANAZOE, visitée le 11 juin 2019, de la société STIB de Issaka SAWADOGO et l’atelier du styliste Pathé’O, visités le 13 juillet 2019.
    Le bureau exécutif présidé par Moussa OUEDRAOGO n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Moussa OUEDRAOGO et son bureau projettent dans les semaines à venir des tournées à l’intérieur de la Côte d’Ivoire pour sensibiliser et informer l’ensemble des opérateurs économiques burkinabè sur la nécessite d’adhérer au COEBCI.

    Issouf ZABSONRE
    Attaché de Presse
    Ambassade du Burkina
    Abidjan

  • Gestion moderne des déchets : Le District d’Abidjan veut s’essayer à l’économie circulaire

    Le Gouverneur du District Autonome d’Abidjan et le président de l’Institut français d’économie circulaire (Inec) ont signé, mercredi 13 mars à la salle Jean Delafosse de l’hôtel du district, une convention de coopération sur l’économie circulaire. A cette occasion, le ministre Beugré Mambé a situé l’importance de cet acte. Pour lui, le projet tel que ficelé fait des ordures, une véritable mine d’or à explorer et à exploiter au maximum.
    Abidjan, a-t-il dit, a une population de 6 millions d’habitants, chaque habitant produit 280 kg d’ordures par jour, ce qui donne un total de 1 400 000 tonnes d’ordures par an. Les pouvoirs publics en ramassent 60 à 70%.

    La production de ces ordures, au dire de Mambé peut être un avantage, à condition qu’elles soient transformées pour être réutilisées. C’est la raison pour laquelle il a décidé de se tourner vers l’Inec, en vue d’ouvrir une grande perspective. Car avec 10 000 kg, on peut employer 250 personnes, et si l’on parvenait à transformer tous les déchets produits par les Abidjanais, le chiffre monterait à 35 000 emplois, a-t-il indiqué.

    Aussi, le district d’Abidjan, dont l’une des politiques consiste à créer des emplois en faveur des femmes et des jeunes, trouve dans l’Inec, un instrument pour transformer les ordures. C’est pourquoi il envisage la création à Abidjan d’un institut chargé de la transformation des déchets. Cela permettra, selon le gouverneur du district d’Abidjan, de résoudre quatre problèmes. Il s’agit des problèmes de l’emploi, de la propreté, de l’environnement et de la santé. En tout état de cause, le district d’Abidjan a déjà réfléchi à la problématique de la transformation des déchets en menant déjà des études sur l’utilisation des pneus usagers et des matières plastiques.

    Quant au président de l’Inec, il a montré l’importance du passage de l’économie linéaire à l’économie circulaire. Ce type d’économie récupère les déchets, les traite pour les réinjecter dans le circuit économique. Elle est aujourd’hui un sujet planétaire et s’impose comme un modèle de développement, dans la mesure où le gaspillage des ressources fait courir de graves dangers à la planète, dont le risque de pénurie, avec comme conséquences des tensions, des conflits.

    Poursuivant, François Michel Lambert a informé que les dirigeants du monde ont inscrit l’économie circulaire comme un modèle de transition au détriment des modèles qui sont gaspilleurs de ressources. L’Union européenne en a fait un élément majeur dans sa volonté de transition vers un modèle de développement économique beaucoup plus inclusif.
    L’économie circulaire, a-t-il poursuivi, offre l’opportunité de sortir des modèles mortifères. Elle a un impact environnemental et sanitaire dans la mesure où elle permet de préserver les ressources, de créer des richesses, d’agir positivement sur l’environnement, de préserver la santé.
    Il faut signaler que dans l’après-midi, des ateliers de formation se sont tenus à la salle Félix Houphouet-Boigny pour permettre à chacun d’appréhender l’économie circulaire dans ses différentes facettes.

    Source: DIRCOM D.A.A

     

  • RCI – UN DEPUTE DENONCE L INSTRUMENTALISATION DES ROIS

    Le samedi 19 août 2017, un rassemblement de soutien au chef de l’État, Alassane Ouattara a été organisé à Sakassou à l’initiative dit-on, de Nanan N’ga-Tanou, Reine du Royaume Baoulé, qui y aurait associé les trente-neuf (39) cantons de la région, représentés par leurs chefs. Cet événement qui fait suite à d’autres évènements similaires qui se sont tenus dans le SUD- COMOE et dans le District Autonome de Yamoussoukro nous interpelle, au regard de l’instrumentalisation de nos Rois et Chefs traditionnels par les politiques.

    En notre qualité d’élu de la Nation, c’est un constat qui nous inspire quelques réflexions d’un point de vue sociologique, politique mais surtout juridique dans la mesure où c’est une question qui regarde directe- ment l’application d’une loi de la République.

    1. Au plan de l’application de la Loi
    Selon la loi N°2014-428 portant Statut des rois et chefs traditionnels en son chapitre 2, qui traite des privilèges, obligations et incompatibilités liés au statut des rois et chefs traditionnels, article 6 : "Les Rois et Chefs traditionnels sont soumis aux obligations de neutralité, d’impartialité et de réserve. Ils doivent s’abstenir d’afficher leur appartenance politique ». Cet article suscite plusieurs interrogations :

    Comment et pourquoi, une telle manifestation de soutien politique a-t-elle pu avoir lieu, en violation des dispositions d’une loi de la République de Côte d’Ivoire.

    • Comment surtout des hommes et femmes politiques au plus haut niveau et des hauts fonctionnaires de l’Etat, ont-ils pu participer à une telle violation de la loi ? En tant que repré- sentant de la Nation entière, nous ne pouvons que dénoncer de telles pratiques et les condamner, et recommander aux hommes et femmes politiques de respecter les lois qui nous régissent.

    2.. Au plan sociologique Il n’est pas inutile de rappeler que Sakassou est le siège du trône de l’institution Royale du peuple baoulé et que le pouvoir traditionnel dévolu à la succession de la Reine ABLA POKOU revient exclusivement au Royaume Baoulé de Sakassou à l’origine des tribus du peuple baoulé. Il est donc profondément regrettable que la Reine du Walèbo, Nanan N’Ga Tanou Monique qui est la garante des us et coutumes des baoulés, soit instrumentalisée pour la dé-valorisation du Royaume du walèbo en en faisant un club de soutien politique. La boîte de pandore vient ainsi d’être ouverte et il est à craindre que l’onde de choc se fasse ressentir dans toutes les tribus baoulés.

    3. Au plan politique Nous pensons que dans un contexte de sortie de crise et d’unité nationale fragilisée comme l’a démontré les ré- centes mutineries et attaques de commandos armés, il est dangereux d’instrumentaliser nos Rois et Chefs traditionnels qui sont non seulement les garants de nos traditions mais surtout le dernier rempart de la cohésion sociale. Les choix politiques des populations de nos diverses régions devraient être libres et sortir du carcan habituel des soutiens indéfectibles. C’est d’ailleurs le sens des dispositions légales qui mettent les Rois et Chefs traditionnels au-dessus de ce folklore qui tend à les infantiliser et à réduire leur influence dans la population.

    Fait à Abidjan, le 26 août 2017

    HONORABLE KOUASSI KOUAMÉ PATRICE