Interviews

  • Entretien – Emile Scipion ILBOUDO, Président de la Team Aimons-Nous vivants : ‘’ A la Team, notre sérieux et notre crédibilité mobilisent…le succès de notre AG-C est un précieux indicateur ‘’
    A la sortie de la Réunion de rentrée du Bureau Exécutif, Emile Scipion ILBOUDO, Président de la Team Aimons-Nous Vivants s’ouvre pour la première fois sur l’idéal d’organisation qu’avec des camarades il a porté sur les fonts baptismaux, le 5 septembre 2021. Tirant les leçons de ce qui plombe les associations, il met en exergue les valeurs et balises qui font le charme de sa structure, mais aussi les prochains défis à relever.
    Bonjour Monsieur le Président. Quel bilan dressez-vous après la médiatique Assemblée générale Constitutive qui vous a porté à la tête de la Team Aimons-Nous Vivants ?
    Merci pour l’intérêt que vous accordez à la Team Aimons-Nous Vivants et à notre personne. L’Assemblée Générale Constitutive fut un réel succès. Plusieurs indicateurs l’en attestent. Il y’a eu d’abord la mobilisation. Timide début juin jusqu’à la mi-août 2021, alors que nous ne faisions que nous battre pour la mise en œuvre de cette grande recommandation de ‘’Allons à Willi’’, la mobilisation a pris une grande allure fin aout jusqu’à la veille du 5 septembre. Ce sont au total 72 membres qui ont apporté leur contribution voire leur participation à ces assises historiques. Ce qu’il faut saluer, c’est l’esprit Team Aimons Nous Vivants qui s’est exprimé. Quelques-uns, dans cette ambiance, ont donné leur participation pour le sérieux de l’évènement, même se sachant non disponibles pour y prendre physiquement part. C’est d’abord à tout cela, nous faisons allusion lorsque nous disons que le 5 septembre fut un succès ou qu’il y’a Dieu dedans. Il y’a eu aussi la qualité de nos invités, depuis le parrain M. Karim Ouattara (DGA de la Lonaci) jusqu’ à Madame Marie-Mactar Niang qui nous a beaucoup enseignés sur les dégâts et dangers des fake news, en passant par l’inoxydable et invincible, grand homme de presse, le Journaliste émérite M. Bamba Alex Souleymane (l’invité d’honneur). Tous ont honoré et soutenu la Team de par notre modeste personne. Ce fut un succès. Enfin, succès au regard du menu de la journée, car il faut bien rappeler que nous initions ainsi la Fête de l’Amitié. La journée a donc pris une ambiance et des couleurs de fête, jusqu’au déjeuner dans un cadre enchanteur au quartiers des affaires au Plateau. Ce fut simplement beau. Les ANVistes ont de belles raisons de répondre prestement présents lorsque nous les mobiliserons pour d’autres activités.
    A quoi répondait justement la Fête de l’Amitié ?
    A la Team, ce qui nous caractérise, c’est la vie. Nous avons, comme fondement de notre démarche, à semer la vie, la joie et l’amitié. Vous n’imaginez pas l’émotion qui vous étreint, lorsque vous découvrez pour la première fois, physiquement, un ami que vous ne connaissiez que par le canal d’internet. Il y’a une charge positive qui vous traverse le corps. Il y’a la joie de la découverte, de la rencontre et de l’accueil d’un ami qui vous anime. Nous qui sommes même l’initiateur de cette chaine de fraternité, c’était la première fois que nous voyions Miss Sally Traoré, Dr Jean-Joseph Tapsoba venu de Bouaké, M. Anourou Ouédraogo, Mme Clara Hien, Mme Salimata Bakayoko, venue de Bassam, et nous en oublions. Sans compter que beaucoup d’entre nous voyaient et touchaient pour la première fois M. Bamba Alex Souleymane ou le parrain M. Karim Ouattara. L’esprit, c’était aussi de célébrer tous les ANVistes, qui ont l’occasion dans l’année de célébrer leur anniversaire ou ceux qui ne les célèbrent pas. Ce fut pour la Team, notre journée de Saint Valentin, mais un Saint Valentin compris comme la Fête de l’amitié, pas de l’amour ‘’Eros’’. C’est tout cela qui est contenu dans la Fête de l’Amitié. La 1ere édition fut un succès. Nous tacherons, pour la seconde édition en 2022, d’innover, dans le but de donner aux ANVistes de passer de chaleureux moments et un rendez-vous annuel inoubliable.
    Après cette brillante sortie, quels sont vos prochains combats ?
    Nous l’avons dit et répété. Tout ne fait que commencer. En tant que journaliste professionnel quelque peu aguerri également des techniques de communication, cette sortie à impact visait à nous faire connaitre en tant qu’organe qui prend toute sa place dans l’univers de la société civile, la vraie, pas cette société civile encagoulée et subrepticement politisée. Notre sérieux et notre crédibilité nous ont donc devancés dans les médias, dans les bureaux, dans tous les bistrots, et mobilisent déjà. Il nous revient cependant qu’une poignée d’individus en mal de leadership et d’initiatives nous en veulent déjà et décrètent notre échec, mais c’est de bonne guerre. Nous mettons cela sur le compte de l’ignorance, de la pure jalousie maladive et du manque de formation en leadership ou en vie associative. La Team ne vient supplanter qui que ce soit. La Team est ouverte à tous et les attend les bras ouverts, car il est inconcevable même que la Team vive en autarcie. C’est dire que naturellement nous nouerons, dans un esprit de réseautage gagnant, des partenariats stratégiques, car c’est dans de grands ensembles que le monde évolue aujourd’hui ; cela se vérifie également dans la Société civile. Pour autant, nous refusons de nager dans la marre à la haine de la diaspora, cette sphère abusivement malmenée et saturée de coups bas, de rancœur par nombre de leaders sans véritablement de leadership parce que sans vision, pour nous ouvrir à l’international, dans une fraternité universelle, dans ce que nous avons de plus chère : la vie et l’amitié. Nos prochains combats, et c’est tout le charme de la Team, ce seront des activités de salubrité, un arbre de Noel, une cérémonie de distinction de lauréats du Prix Champion de la Solidarité, des dons dans des orphelinats, un tournoi de football Team Aimons-Nous Vivants etc. C’est une machine qui sera mise progressivement en marche. C’est ce signal que nous avons voulu donner, en remettant une feuille de route à tous nos collaborateurs du Bureau et en les mettant en mission, le dimanche 19 septembre 2021, à la Réunion de rentrée. Nous adopterons, dans l’atteinte de nos objectifs, la démarche par objectifs. C’est ce qui explique la mise en place de Commissions dédiées à des thématiques et initiatives, qui se mettront urgemment en mission pour des résultats tangibles.
    Vous l’avez évoqué, tantôt. Plusieurs leaders ont berné leurs camarades et les ont conduits tout droit dans des formations politiques. La Team donne-t-elle suffisamment d’assurance qu’elle est apolitique ?
    Merci de la pertinence de la question. Nous avons eu déjà quelques tribunes ou interviews pour le préciser. La Team Aimons-Nous Vivants est APOLITIQUE. Dans la vie, les tricheurs finissent mal, parce que le temps les démasque et ils sont alors réduits à leur plus vile nudité. Ceux qui nous connaissent savent notre forte personnalité, nos convictions et notre soif de liberté. Pas que nous n’avons pas de la sympathie pour tel ou tel parti politique. Pas que la Team est contre les hommes ou formations politiques. Mais nous disons et nous le répétons que la Team n’est pas un canal de propagande ou de promotion d’un parti politique. Nous ambitionnons de rassembler tous les bords idéologiques. Vous savez, dans une famille il y’a du tout, mais on garde les principes et les valeurs de fraternité qui transcendent les barrières factices. Pour le fait que la politique politicienne divise, elle est bannie et criminalisée ici. Les ANVistes politiques laissent leurs vêtements ou attributs au vestiaire, en entrant dans l’anti chambre de la Team. Cela dit, dans la mise en œuvre de nos activités qui concernent l’homme et tout l’homme, nous rencontrerons des opérateurs économiques, des élus, des autorités civiles et administratives, des cadres de formation politique naturellement dans la mise en œuvre de notre plan d’action. Il faut parvenir à convaincre nos jeunes qu’il y a de nombreux modèles de réussite qui n’ont pas eu forcément besoin d’être un militant encarté en politique.
    Il y’a un indicateur quand une structure est politique. D’abord, les membres ne blanchissent pas leurs cheveux pour obtenir une prise en charge ou un appui de la part de la formation politique tutélaire. En conséquence, les membres n’ont pas besoin de cotiser pour aller en AG-C. Dans un tel contexte, on a aucun respect pour les membres ; leur avis ne compte pas. Le leader qui fait croire que les sous viennent de sa poche, fait à sa guise et n’a aucun compte à rendre à ses collaborateurs et camarades, anime l’association comme un bien personnel et se constitue en potentat. Il ne peut en être question à la Team. Notre structure a des Termes de Références (TDR) et des Statuts et un règlement largement diffusés auprès de nos membres pour que chacun en soit le gendarme. Pour nous donner, des chances de réussite, nous avons un Conseil de Discipline dans lequel siègent des personnes respectables par leur sens de devoir et de la responsabilité, nous avons des coachs auxquels nous nous ouvrons, et bien naturellement, en arrière-plan, des Conseillers bien avisés. Dans les regroupements menés par les aventuriers, vous ne verrez pas ces instances. Si elles existaient, elles ne sont composées que de personnes redevables, donc sans âmes, sans personnalités. Notre temps a besoin d’associations véritablement affranchies des girons politiques. La Team veut garder ainsi sa liberté de transversalité, qui l’amène à tous, sans exclusive et qui offre à tous ses adhérents un cadre de convivialité et de cohésion sociale.
    Votre mot de fin ?
    Nous saluons tous ceux qui ont physiquement, matériellement ou financièrement pris part à l’AG-C et à la 1ere édition de la Fête de l’Amitié. Nous retenons que les activités, si elles sont minutieusement préparées, suscitent mobilisation et engouement. Nous exhortons donc les ANVistes, sur la base de nos premiers acquis à se mobiliser d’avantage chaque fois qu’on leur passera un message de rassemblement. Nous invitons chacune et chacun à porter l’information de notre existence légale à son entourage et de l’inviter dans la Team. Une Association, apolitique, fonctionne sur la base des cotisations de ses membres et de nouvelles adhésions, nous invitons alors chacune et chacun à payer ses cotisations mensuelles qui courent pour l’année 2021, du 5 septembre 2021 à décembre. Cela fera, pour le dernier trimestre 2021, la somme de 3000F par membre. C’est ce qui permettra à la Team de mener ses missions et activités.
    Nous saluons également les ANvistes du Burkina Faso et du Mali, qui s’activent à donner une assise à la Team chez eux. Nous sommes de cœur avec eux et les soutenons dans leur démarche. Peu à peu, la Team sera une réalité dans la Sous-région, Abidjan sera ainsi la capitale de tout ce déferlement. La Team a un bel avenir, car il y’a véritablement Dieu dedans. Merci à Diaspo24.info pour l’opportunité de ces échanges de clarification.
    Entretien réalisé par J-G, Diaspo24.info
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  • Entretien – Konkobo Paul, Catéchiste Permanent, Paroisse Saint François d’Assise de Koumassi : ‘’Je sors sans rien les mains vides, mais le cœur rempli de joie….je demande aux âmes généreuses un toit ’’
    Catéchiste Permanent de la Paroisse Saint François d’Assise de Koumassi Remblais depuis 2002, Monsieur Konkobo Paul fera valoir son droit à la retraite, au cours d’une messe d’action de grâces, le dimanche 4 octobre 2020. A 65 ans, l’homme pétri de la foi catholique, aura tout abandonné à la suite du Christ. Après 18 ans de service exclusif à l’œuvre de Dieu, il raconte à Diaspo24.info comment est née sa vocation, et tous les souvenirs qu’il garde de cette exaltante mission. Il en appelle aussi à la charité des âmes généreuses, car il sort sans logis ni grands moyens. Entretien !
    Dimanche 4 octobre 2020 à Saint François d’Assise, au cours une messe d’action de grâces vous irez officiellement à la retraite. Comment préparez-vous et vivez-vous ce moment de grâces ?
    Je le vis avec reconnaissance et avec joie parce que passer 18 ans et 4 mois au service de Dieu et de l’Eglise, ce n’est pas donné à tout le monde. J’ai géré comme je pouvais. Rien n’est perdu. On ne peut que rendre grâce à Dieu. Donc j’appréhende ce moment également comme une reconnaissance et une louange à Dieu qui n’a pas choisi celui qui est capable, mais qui a rendu capable celui qu’il a choisi depuis ces 18 longues années. Reconnaissance aussi à cette communauté de Saint François d’Assise qui m’a accueilli et qui m’accepté et qui m’a adopté.
    Comment est née cette vocation de catéchiste ? Quel en a été le déclic ?
    En fait né en Côte d’Ivoire, j’ai eu la chance de rentré tôt au pays (Burkina Faso, Ndlr) avec les parents. Mes cycles primaire et secondaire, je les ai passés au Faso. Et dès l’Ecole primaire, nous étions, je me rappelle, au nombre de 8 à nous inscrire pour aller au Juvénat de Saaba. On a donc composé le test d’entrée dans cette maison de formation. Nous avions attendu les résultats pendant près de 6 mois. Après déception, j’ai raccroché, las d’attendre et je suis parti. Revenu en Côte d’Ivoire, j’ai continué la formation, en me disant qu’on peut ne pas être prêtre, mais continuer à servir l’Eglise notre mère, à cause de notre baptême et de notre confirmation. Je me suis donc engagé aux côtés des grands frères comme les catéchistes Jean Baptiste Nanema, qui a été l’un de nos grands formateurs, mais aussi André qui était à Treichville, et le papa de l’abbé Zabsonré, l’actuel Curé de Notre Dame de Treichville. Son papa a été le président des catéchistes du secteur sud d’Abidjan. A l’époque, nous faisions les formations à Notre Dame d’Afrique de Biétry. J’étais alors le Secrétaire de ce groupe de catéchistes qui se sont engagés. Je dois dire que nous étions vraiment ben formés par les pères Goel, Richard Anou, et bien d’autres prêtres de renom.
    Voilà une vie de catéchiste bien remplie. Quels sont les meilleurs et pires souvenirs qui auront marqué votre mission ?
    Grâce à Dieu, avec le concours de nos collègues, beaucoup de catéchumènes ont pu devenir Chrétiens par les sacrements de baptême, de confirmation, de mariage. Ce sont des milliers et des milliers de personnes qui ont bénéficié des formations que nous avons reçues et que nous avons dispensées. Je ressens une grande fierté de voir ses foyers, où sont nés des enfants épanouis. Tout ceci est une satisfaction. J’ai vu naitre également cette communauté de Saint François d’Assise. A la base, c’était des Burkinabè et au fur à mesure nous nous sommes ouverts aux frères et sœurs ivoiriens ou de la Sous-région, qui sont venus nous rejoindre. Franchement, quand je vois cette communauté qui a grandi en nombre et en spiritualité, je ne puis que rendre grâce à Dieu.
    Ce qui m’a beaucoup peiné. Comme je le disais tantôt, ici au début, c’était une communauté burkinabè, un groupuscule. De l’éclatement de Treichville, beaucoup sont allés à Port-Bouet et d’autres ont replié ici. C’est pourquoi on a surnommé le quartier, ici, Port-Bouet 2. On disait église des mossi. Quand je commençais. C’était au temps de vénéré mémoire, paix à son âme, au temps de Mgr Joseph Akichi, qui est venu un jour s’entretenir avec la communauté et nous recommander de nous ouvrir, d’accueillir nos frères et sœurs qui ne comprenaient pas notre langue. Je vous assure que ça a été difficile. Les parents se sont farouchement opposés disant que c’est notre ethnie, que c’est notre communauté qui a construit l’église et que par conséquent les autres devaient aller à la Paroisse Saint Etienne. Je m’étais alors engagé à raisonner nos parents. C’était compliqué, difficile. Mais par la grâce de Dieu, l’ouverture s’est amorcée. On a pu introduire quelques chants et des lectures en français pour attirer les autres à nous, parce que la signification de l’Eglise catholique ‘’Cathos’’ c’est l’universalité, l’ouverture aux autres. Dieu merci, comme l’Esprit Saint faisait son œuvre, l’harmonie et la joie sont venues.
    Une vie de catéchiste est marquée par une relative pauvreté. En fin de parcours ou de mission, comment se fera la retraite ? N’avez-vous pas un appel pressant en direction des âmes généreuses ?
    C’est vrai qu’en Eglise, on a reçu gratuitement et que nous avons donné gratuitement. Mais mon cas est un peu spécifique. J’avais deux ateliers qui fonctionnaient très bien. Il a fallu tout abandonner, pour venir assumer la mission de Catéchiste permanent, avec un maigre salaire. Comme maison, on nous a prêté dans l’enceinte de la paroisse une petite salle de catéchèse que Madame et moi avons squattée pendant 18 ans près des toilettes dans l’enceinte de l’église. Mais on a tenu. Voilà que l’heure est arrivée. On doit quitter les lieux, sans logis. Je sors matériellement les mains vides. Mes ateliers étant fermés. Tout ce que me rapportaient les ateliers est un lointain souvenir. Mon petit compte pour mon départ ne peut me permettre de payer un loyer de 6 mois. Ce qui me tient à cœur. Je demanderais aux âmes généreuses, à vos lecteurs, un petit terrain, j’en serai vraiment content au nom du Seigneur. Ceux qui voudraient aussi m’assister financièrement et matériellement, feront véritablement œuvre utile. Que ces personnes soient bénies. Je sors sans rien en main, les mains vides, mais le cœur rempli de joie pour avoir ramené des âmes au Seigneur.
    Diaspo24.info

  • Désiré Nawatalba Yaméogo, Président de la COPTAC : ‘’Beaucoup d’acteurs ont compris l’esprit du TAC à partir de notre initiative’’

    Inlassablement, Désiré Yaméogo est sur la brèche au-devant de la Convergence de Peuples pour le Promotion du Traité d’amitié et de Coopération ivoiro- burkinabè (COPTAC), la structure qu’il a mise sur pied pour donner, auprès des populations,  sens et consistance à l’intégration, à la faveur de l’impulsion nouvelle imprimée au Traité d’Amitié et de Coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il explique pour les lecteurs de Diaspo24.info que la 4è édition de célébration du TAC a lieu à Ivotel Abidjan le 3 octobre 2020  et il en donne le contenu. Entretien.

     Vous êtes dans la dernière ligne droite de la 4ème édition de la célébration du Traité d’Amitié et de Coopération (TAC), dont la rencontre au sommet n’a pas lieu cette année. Pourquoi une telle célébration ? Quelle en est la pertinence ?

    Avant tous propos, je voudrais témoigner toute ma reconnaissance à la direction de l’organe en ligne Diaspo 24.info pour le grand intérêt accordé aux activités de notre structure la Convergence de Peuples pour le Promotion du Traité d’amitié et de Coopération ivoiro- burkinabè en abrégée COPTAC. Pour rappel, la COPTAC se considère comme le bras civil de la plateforme politique initiée par les gouvernants de la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ; laquelle plateforme est dénommée : « Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ». Le but principal de cette plateforme bilatérale est de promouvoir l’intégration sociale, économique et politique entre les deux états et au-delà entre les deux peuples liés par l’histoire et la géographie. Cette année, pour des raisons diverses dont la crise sanitaire liée à la Covid-19, comme l’a souligné lors d’une audience, Son Excellence Monsieur Kapiéletien SORO, Ambassadeur plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près le Burkina Faso et la République du Niger, la conférence au sommet entre les Chefs d’Etats et leurs gouvernement dans le cadre du TAC ne se tiendra pas cette année. Mais les activités de la COPTAC, à travers la 4ème édition de la Célébration du Tac, seraient les bienvenues, puisqu’elles viendront pérenniser la philosophie du TAC dans un contexte préélectoral dans les deux pays. A travers ces propos de Son Excellence Monsieur l’ambassadeur, la pertinence de cette activité est établie. Cela s’explique par le fait qu’au-delà de la Conférence au sommet, les populations devraient s’approprier les recommandations d’ordre sociopolitique et économique au quotidien afin de pérenniser l’esprit du Tac dont le socle est le vivre-ensemble dans la paix, la cohésion sociale et le développement des infrastructures indispensables pour l’intégration véritable des deux pays.

    A considérer les 3 précédentes éditions. Quel bilan pouvez-vous tirer de la mise en œuvre de cette initiative ?

    Parlant  de  bilan des précédentes éditions  de  cette initiative  de la COPTAC et  dénommée : « Célébration du Tac », nous pouvons nous estimer heureux de l’accueil que les acteurs du développement, les citoyens et citoyennes, les autorités des deux pays ont réservé à la COPTAC et, par ricochet, à cette initiative de célébration du Tac qui pour nous est un moyen de permettre aux populations des deux pays de témoigner leur reconnaissance et leur joie pour l’avènement du Tac dont la vision citoyenne ne laisse personne indifférente. Les motivations de cette initiative se résument par notre volonté de stimuler de façon permanente une adhésion populaire à l’idéal du TAC, avec pour socle la culture de la solidarité agissante à travers l’intégration sociale, économique et politique. Alors, nous nous sommes convaincus de la nécessité d’encourager les acteurs du développement pour qu’ils s’impliquent davantage à faire de la culture de l’idéal de développement et d’intégration entre nos deux pays, une réalité pérenne dans l’esprit et le comportement de tous. Il s’agit des opérateurs économiques et agricoles, des Hommes politiques, des Institutions, des acteurs de la société civile, des acteurs culturels et sportifs. Aujourd’hui, bien que nous soyons conscients de l’énormité de la tâche, nous sommes plus ou moins satisfaits en ce sens que beaucoup d’acteurs ont compris l’esprit du TAC à partir de cette initiative qui rassemble chaque année les acteurs de différents domaines activités venant du Burkina Faso de la Côte d’Ivoire.

    Quels seront le thème et les temps forts de la 4ème Edition ?

    Cette 4ème édition comportera deux rubriques dont une Conférence Publique prévue dans la matinée du 03/10/2020 avec pour thème : « Civisme et défis sécuritaire en période électorale et en temps de Covid19 ; quel comportement pour l’épanouissement de nos populations ?». Puis un Gala de remise de trophées du Grand Prix de la promotion du Tac ou Grand Prix du Tac qui se tiendra à Abidjan à l’Hôtel IVOTEL au Plateau le 03/10/2020 dans la soirée.

    Quel est votre mot de fin.

    Mon mot de fin va à l’endroit de tous les citoyens épris de paix et de compassion afin que dans leurs actes au quotidien, la vie de l’Homme et son bien-être constitue la valeur et la préoccupation centrale comme le recommande l’esprit et la vision du Traité d‘amitié et de coopération (Tac) entre la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ; vision que s’est appropriée la COPTAC.

    Entretien réalisé par Diaspo24.info

     

     

  • Entretien avec Sawadogo, Mamadou, Président de la Section ADF –RDA Côte d’Ivoire : ‘’Ceux qui pensent que l’ADF-RDA est un petit parti se trompent et refusent de revisiter l’histoire’’

     

    Président fondateur de l’ONG Zoodoh, Délégué au Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Etranger (CSBE), Président de l’Union Culturelle des Arts et Danses Traditionnelles Burkinabè en Côte d’Ivoire, Sawadogo Mamadou est politiquement un cadre de l’ADF-RDA, dont il est le Président de la section Côte d’Ivoire. C’est en cette qualité que nous avons rencontré cet enseignant émérite à ses bureaux d’Adjamé. Il décrit la vitalité et le rayonnement  de sa formation politique  à deux mois de la présidentielle au Burkina Faso.

    Que dites-vous de à ceux qualifie l’ADF-RDA d’accompagnateur ou de faiseur de rois ?

    Vous me permettez de rafraîchir la mémoire de ceux qui  pensent que l’ADF RDA est un petit parti. Ces personnes refusent de revisiter l’histoire ou de comprendre purement et simplement l’histoire. Le RDA a été l’un des premiers partis de l’Afrique de l’Ouest qui a combattu avec nos devanciers Ouézzin Coulibaly, Felix Houphouet-Boigny, Gerard Kango Ouédraogo et j’en passe. Le RDA était partout comme un parti unique, un parti que les gens ont connu du temps des colons et après les colons. La particularité de ce parti, c’est qu’il est un parti de paix et de justice. Dans ce parti, nous avons appris à respecter l’ainé. Dans ce parti, nous avons appris à respecter l’ainé. Ceux qui disent que nous sommes des faiseurs de rois se trompent. En politique, il y’a des alliances et des techniques de combat. On ne se lève pas pour dire qu’on veut le pouvoir sans apprendre. Me Gilbert Noel Ouédraogo, à 30 ans déjà, s’est lancé en politique. Il a été Ministre des Affaires sociales, puis Ministre des Transports. Il était en train d’apprendre auprès du Président Blaise Compaoré.  Il a senti à un moment donné que s’il prenait une certaine position radicale, la machine ADF-RDA serait cassé. Il a prôné alors l’apaisement. Il s’est demandé pourquoi durcir au risque de faire exploser le pays. Pour lui, un bon arrangement valait mieux qu’un mauvais procès. Il n’a pas voulu mettre de l’huile sur le feu. L’ADF-RDA a choisi alors d’accompagner le Président Compaoré pour ses 5 ans, puisque la Constitution le lui permettait. Les gens, peut-être, ne l’ont pas compris dans ce choix. Mais aujourd’hui avec du recul, tout homme conscient trouverait que la position de l’ADF RDA était normale. Si ce choix avait été opéré par les Burkinabè aujourd’hui on ne connaitrait pas les Djihaddistes, les déplacés internes. Aujourd’hui, tout le monde est devenu chantre de la sécurité, de la paix, de la justice, de la réconciliation. Mais toutes ces valeurs, c’est le comportement de notre parti. L’ADF-RDA a une longueur d’avance sur la promotion de ces valeurs.

    Vous êtes sans repos, ces jours-ci, sur différents fronts dans le District autonome d’Abidjan. La semaine dernière, vous étiez dans les environs de Gonzagueville à Port-Bouet. Quel point faites-vous de l’implantation de l’ADF-RDA en Côte d’Ivoire ?

    Le travail d’implantation nous l’avons initié depuis longtemps. Je ne me suis pas levé maintenant pour ce travail. Mes tournées, ces dernières semaines, sont une remobilisation, un réveil. Comme nous sommes à la veille de la campagne électorale, il est indiqué que je passe leur dire bonjour et fasse revivre les sous –sections installées. Sinon depuis 2012, avec l’appui d’un ami, j’ai effectué des missions d’implantation à Dabou, Grand Lahou, Sassandra, San Pedro, Meagui, Soubré, Grand Zattry, Daloa, Duekoué,  Vavoua, Bouafflé et Bouaké. Dans toutes ces villes, nous avons des entités de l’ADF-RDA. Et Me Gilbert Ouédraogo a leurs contacts. Ils se parlent fréquemment.

    La Diaspora votera pour la première fois le Président du Faso. Avez-vous des attentes ou un appel à lancer ?

    Je dois dire que c’est un sentiment de fierté et de satisfaction qui m’animent. Parce que depuis tout le temps, la diaspora a souhaité y prendre part. Je ne peux que dire merci aux autorités qui ont pensé à nous. Mon souhait est que nous puissions participer à ces échéances dans la paix, la discipline, le respect mutuel de l’autre. La politique, c’est un jeu. Que le meilleur gagne. Je souhaite qu’au soir du 22 novembre, l’ADF RDA vienne en tête du suffrage au niveau de la Côte d’Ivoire. Me Gibert Ouédraogo sera fier de notre travail et du fait que nous sommes là, mais nous pensons au Faso et au parti.

    Entretien réalisé par Diaspo24.info

     

  • Sawadogo Wahabo, Président ABEGECI : ‘’ Nous demandons au COEBCI des offres de stages et d’emplois dans leurs différentes sociétés et entreprises…Nous voulons un soutien de l’Etat’’

    Etudiant en master 1 de Comptabilité et Contrôle gestion, Sawadogo Wahabo est le Président en exercice de l’Association Burkinabè des Elèves et Etudiants des Universités et Grandes Ecoles en Côte d’Ivoire (ABEGECI). Elu le 11 octobre 2019,  pour un mandat de  2ans, il effectue depuis beaucoup de missions et rencontres afin de sensibiliser et informer les élèves et nouveaux bacheliers sur nombre de procédures inhérentes à leur intégration dans les Universités et Grandes écoles. En marge de la journée d’information et d’orientation organisée le samedi 12 septembre au Consulat à Abidjan, il a expliqué à Diaspo24.info le charme  de ses activités mais aussi les grandes attentes de sa structure. Entretien.

    -Quels sont les principaux objectifs de l’ABEGECI ?

    L’objectif principal c’est le bien être de l’élève et de l’étudiant burkinabè en Côte d’Ivoire. Il s’agit de l’accompagner dès les classes primaires, les coacher leur montrer l’amour et al culture burkinabè, de sorte qu’après le Bac il puisse rentrer au Burkina Faso et poursuivre le reste de son cursus.

    -Quel a été l’intérêt d’une telle Journée au Consulat ?

    Ce fut une journée qui a été importante dans la vie des nouveaux bacheliers. Nous avons mobilisé plus de 600 nouveaux bacheliers, afin qu’ils ne puissent pas se perdre dans la nature. Ces jeunes ne maitrisent pas le Burkina Faso, le système éducatif du Burkina Faso, les conditions de vie des étudiants burkinabè. Ce n’est donc pas facile. Etant auprès d’eux, et en formant avec eux une famille,  nous les rassurons et els accompagnons même jusqu’au Burkina Faso.

    -Quelle sont les principales difficultés que vous rencontrez ?

    Les difficultés sont nombreuses et de plusieurs ordres. Nous avons un manque de financement pour nos activités. Nous avons la volonté de travailler et d’aider, mais nous n’avons pas d’accompagnement. Aujourd’hui, nous sommes face aux étudiants d’Abidjan environ 600 nouveaux bacheliers, mais il va falloir nous tourner vers ceux de l’intérieur du pays. Il y’a des demandes. Comment nous y rendre ? Nous n’avons pas de voiture. Ce sont les membres qui cotisent afin que nous puissions réussir à organiser les activités. Nous avons organisé une journée similaire où nous avons réuni plus de 700 nouveaux bacheliers venus s’informer,  le 5 septembre à Adjamé. Autre difficulté, je dois souligner que nos étudiants burkinabè qui restent ici pour les études supérieures  n’ont pas de chambres en cité. Ils sont laissés à eux-mêmes.

    Un appel donc ?

    L’appel que je lance en direction des autorités, c’est de leur demander un véritable soutien. Car nous étudions ici, mais nous allons rentrer un jour pour servir notre nation. Pour son développement le Burkina Faso a besoin de tous ses enfants. Dans ce sens également, je me tourne respectueusement vers le Conseil des Opérateurs Economiques Burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI). Nous demandons aux opérateurs des offres de stages et d’emplois dans leurs différentes sociétés et entreprises, mais aussi des appuis. Ils peuvent le faire. Nous sommes leurs enfants ou frères, nous les supplions.

     

    Diaspo24.info

     

  • Entretien – Tahirou Ag Taglif, Président par intérim du CNB-CI : ‘’Il est trop tôt d’évoquer la succession de Salogo’’

    Né à Séitanga, une bourgade distante de 43 km de Dori au Burkina Faso, Tahirou Ag Taglif, après des études franco arabes, et un passage de près de 13 ans dans l’Armée burkinabè, a déposé ses valises en Côte d’Ivoire en 1981. Opérateur économique. Il est jusqu’ à ce jour Président de l’Association Kal-Tamasaheq du Niger, Burkina Faso, Mali et Côte d’Ivoire réunis. Vice-Président du CNB-CI, il assure l’intérim de Salogo Mamadou, décédé le 17 janvier 2020. Diaspo24.info a été à sa rencontre à son domicile en bordure de Mer à Vridi, et contre manifestement l’obligation de réserve qu’il voulait s’imposer, lui a arraché des réponses franches à des questions qui ne sauraient laisser la diaspora indifférente.

    Bonjour Président Taglif, voilà un mois déjà que la Communauté burkinabè a été frappée par le rappel à Dieu du Président Salogo Mamadou. Dites-nous comment vous avez appris et vécu la nouvelle de sa disparition ?

    Permettez, Monsieur le Journaliste, que nous observions avant tout propos une minute de silence pour saluer sa mémoire (On observe un bref silence). Merci, qu’il repose en paix auprès de Allah ! Je dois dire que Salogo sentait venir sa mort. Trois mois avant son décès, il m’a appelé en ma qualité de 1er Vice-Président pour une séance de travail au cours de laquelle nous avons aplani de nombreux points de divergences. Le jour où il s’en allait pour le Maroc pour son dernier rendez-vous médical, il m’a, de nouveau, fait appel. Il m’a conseillé de me battre avec la direction du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNB-CI) de sorte que la cohésion, la paix et l’entente soient de mise. Le même jour, dans la soirée, il s’est envolé pour le Maroc pour des soins, d’où il mourra. (Il fait un soupir avant de poursuivre). Aujourd’hui, je comprends son ultime démarche comme une transmission de dossiers. Je dois dire que malgré son état de santé très préoccupant, il avait prévu un tafsir, qu’il nous a demandé d’honorer en son absence du pays.
    Le jour de son décès, j’étais invité au Consulat général à Abidjan, à la cérémonie de restitution des Passeports et Cartes Nationales d’Identité Burkinabè (CNIB). Chemin faisant pour ce rendez-vous, j’ai reçu un coup de fil pour me dire que les nouvelles n’étaient pas bonnes du côté du Maroc. Mais l’information n’était pas encore confirmée. Mais juste après la cérémonie, la nouvelle s’est avérée. Triste ! Salogo s’était ainsi endormi ! Qu’il repose en paix !

    Comment se fera sa succession au sein du CNB-CI ?

    C’est trop tôt d’évoquer une telle question. Laissez-nous le temps de faire notre deuil. Je pense qu’il faut respecter la mémoire de ce grand patriote burkinabè, qui se sera élevé partout où besoin en était pour la cause du Burkinabè.

    Mais si vous restez procéduriers, les appétits, intrigues et récupérations vont naitre et empoisonner cette cohésion voulue par le regretté ?

    Pour l’heure, je n’ai pas encore observé cela. Personne ne me l’a encore signifié. Mais on entend de petites agitations, sans plus. Je compte en ma qualité de 1er Vice-Président et donc Président intérimaire convoquer une Assemblée générale, après le 8 mars 2020 pour expliquer la situation aux membres des instances du CNB-CI et surtout écouter leurs desiderata. Moi je n’ai aucune directive à donner. Je suivrai l’orientation que la structure voudra.

    Mais vous avez quand même une vision de CNB-CI que vous pourrez souhaiter voir ?

    Oui, naturellement ! Il faudrait que désormais il y’ait une grande entente et un profond respect entre le CNB-CI et l’Union des Chefs et notables burkinabè. Tirant les leçons de divisions et crises profondes dans notre récent passé, il faudrait qu’on y songe sérieusement. Notre communauté a besoin de paix et de sérénité. Et fidèle à ses objectifs, le CNB-CI devrait pouvoir travailler à cela.

    Ceci sera-t-il également valable dans votre approche vis-à-vis de l’Ambassadeur Zongo Mahamadou, avec qui Salogo avait un commerce difficile ?

    Vis-à-vis de l’Ambassadeur Zongo, nous privilégierons le dialogue, la concertation et l’écoute. J’ai foi qu’on va s’entendre. Il n’y a pas de doute !

    Le Burkina Faso est véritablement en proie à de récurrentes attaques terroristes. Si les populations n’y prennent garde, le pays risque de basculer dans une crise identitaire ou un génocide dirigé contre une communauté donnée. Quel appel lancez-vous à ce sujet ?

    Je condamne ces attaques criminelles avec la dernière énergie. Rien, absolument rien ne saurait justifier ces attaques sauvages et Les Burkinabè selon la signification du nom sont des personnes intègres. Sachons rester intègres. Les gens essaient de nous opposer, de nous diviser. Sachons rester vigilants, avec beaucoup de discernement.

    Diaspo24.info

     

     

  • Ouédraogo Moussa explique le bien-fondé du COEBCI

    Président du Conseil des Opérateurs Economiques Burkinabè en Côte d’Ivoire (COEBCI) Monsieur Ouédraogo Moussa a bien voulu expliquer à Disapo24.info et Hakiiqa le bien fondé et les ambitions du Conseil qu’il dirige. Volontariste et déterminé, l’ancien Représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) à la retraite veut, avec ses pairs, inscrire ses actions au bénéfice de ses compatriotes. Ce qui explique, à son actif,  des cas de réconciliation de frères qu’il a su mener et qui pourraient être déployés à grande échelle dans la communauté burkinabè aux prises avec bien de mesquineries et rancœurs. Entretien !

    Anciennement Représentant du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) en Côte d’Ivoire, aujourd’hui vous êtes Président du COEBCI. Peut-on mieux comprendre ce glissement ?

    En réalité ce n’est pas un glissement. Au Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC), j’ai fini ma carrière. J‘ai fait valoir mes droits à la retraire depuis 2016. Il se trouve que j’ai quelques racines en Côte d’Ivoire, j’ai de la famille, des enfants qui fréquentent encore ici, et j’ai surtout beaucoup d’amis. Je me suis dit pourquoi ne pas rester quelque temps. Permettre d’une part aux enfants de terminer leurs cursus et d’autre part compter sur mes frères ivoiriens qui m’ont si bien accueilli depuis 2002. Je saisis cette occasion pour les remercier, surtout au niveau de la communauté portuaire d’Abidjan, pour leur disponibilité et hospitalité dont j’ai fait l’objet jusqu’à ce jour. Pour ne pas m’ennuyer, j’ai regardé un peu au niveau de notre communauté, et comme vous-mêmes avez pu faire le constat. On est si nombreux, mais hélas, il n’y a véritablement pas d’entente entre nous. Voilà pourquoi j’ai pensé à créer le COEBCI.

    Selon vous, le COEBCI va participer quelque peu à remédier à cette mésentente dans la communauté ?

    C’est une prétention, comme tout le monde peut en avoir. Nous n’avons pas la certitude d’apporter des solutions à tous les problèmes qui minent notre communauté. Mais c’est un rêve, comme tout le monde peut se le permettre. C’est d’essayer une formule allant dans le sens d’amener notre communauté à chercher à avoir, ne serait-ce qu’un petit noyau, un cercle dans lequel ils peuvent partager cette solidarité qui nous manque tant et cette fraternité dont nous parlons souvent mais qu’on ne voit pas dans la pratique quotidienne. C’est d’échanger les expériences. Et Dieu seul sait qu’en notre sein, il y’a des hommes d’expérience (…) C’est une idée qui a été partagée avec certaines personnes que je respecte beaucoup. C’est même grâce à ces personnes que nous avons pu mettre sur pied le COEBCI. Elles ont apporté leur image et le crédit qui leur est accordé au sein de la communauté, comme M. Sawadogo Issiaka, le PCA de la filière Bétail et viande, M. Pathé’O, St Jo, qui ne sont pas à présenter.

    Comment adhère-t-on au COEBCI ? Faut-il être forcément opérateur économique ?

    Eh bien, ce n’est vraiment pas compliqué. Il faut être Opérateur économique, et même si vous ne l’êtes pas, vous pouvez toujours apporter quelque chose au COEBCI. Les Opérateurs économiques, c’est un milieu assez particulier. Ce sont des hommes d’affaires. Ils ont leurs problèmes qui leur sont propres. Ils peuvent partager leurs expériences entre eux. Cependant, vous pouvez ne pas être opérateur économique et apporter des avis éclairés, des conseils aux opérateurs. Donc, on peut distinguer les membres actifs, ceux qui sont dans le Bureau, mais aussi des membres d’honneur, qui ne sont pas des Opérateurs économiques, mais qui avec un œil extérieur peuvent apporter quelque chose au COEBCI.

    Qu’est-ce qu’un opérateur économique gagne en adhérant au COEBCI ?

    Pas grand-chose, mais également beaucoup de choses. Pas grand’ chose, parce que tout seul vous pouvez réussir vos affaires. Il est un opérateur, si il y est depuis un certain temps, c’est que ça marche ; il n’a peut-être pas besoin de quelqu’un pour faire marcher ses affaires. Mais est-il sûr que ça peut continuer comme ça jusqu’à ce qu’il décide d’arrêter. N’est-il pas prudent de se mettre avec d’autres personnes dans la perspective de pouvoir affronter ensemble un certain nombre de difficultés qu’un homme tout seul ne peut vaincre ?

    Dans la pratique, est-ce que vous ne vous positionnez pas comme l’interlocuteur ou l’interface du patronat burkinabè en Côte d’Ivoire ?

    Je dirais oui. Parce que fort heureusement quand le patronat s’est déporté à Abidjan à l’occasion d’une mission, son Président M. Apollinaire Compaoré, que je salue, nous a invités. Il a entendu parler du COEBCI et il a voulu en savoir davantage. Nous avons eu une séance de travail avec lui et sa délégation. Nous leur avons expliqué notre démarche et pourquoi un Conseil des Opérateurs Economiques Burkinabè en Côte d’Ivoire. Il nous a félicités pour l’idée, la démarche, pour la qualité des membres de tous ceux qui ont accepté d’adhérer à cette association, au point où lui-même a dit que le patronat garde ses portes ouvertes. Si le COEBCI veut être membre du patronat, vous serez les bienvenus. Ça dit tout.

    Une délégation du COEBCI que vous avez conduite à Ouagadougou a été reçue par le Président du Faso, SEM Roch Marc Christian Kaboré. Que vous a-t-il dit ?

    Je dirais que ça a été un évènement majeur de l’existence du COEBCI. Nous avons été invités à l’occasion du Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) qui se tenait à Ouaga. Nous sommes allés. C’était pour apporter notre contribution, notre expérience en tant qu’opérateurs économiques par le canal de la Chambre du Commerce. C’était le premier objectif. Le deuxième objectif était de présenter notre association à nos autorités. On n’en avait pas encore eu l’occasion. Nous avons commencé par les autorités coutumières, en l’occurrence par le Larlé Naaba qui nous a reçus toute une journée dans son ranch, je saisis cette occasion pour le saluer pour le travail gigantesque qu’il a abattu. Ce que nous avons vu, c’est vraiment impressionnant. Le Mogho Naaba nous a également reçus et nous a prodigués des conseils ; un certain nombre de Ministres aussi comme le ministre du Commerce et celui des Burkinabè de l’Extérieur. Puis, comme vous le soulignez, le Président du Faso a accepté de nous recevoir. Nous n’avons espéré autant. Ça nous a grandis, cette grandeur nous l’avons ressentie à travers les conseils qu’il a bien voulu nous donner. Je crois que ça en rajoute à notre crédibilité et au sérieux au travail que nous sommes en train d’essayer…..C’est pour moi l’occasion de remercier encore le Président du Faso, au nom de l’ensemble du Bureau.

    Nous sommes dans une vaste communauté. Quel est l’état de vos relations entre vous et les autres leaders d’associations ? Dieu seul sait comment il y’en a en Côte d’Ivoire !

    Vous le dites si bien, il y’a tellement d’associations au niveau de la communauté. Nous ne disons pas que nous sommes différents, mais nous avons notre idée et notre formule à proposer à la communauté. Cela peut se constater à travers la démarche, parce que il y’a eu d’abord l’idée qui tire son fondement du fait que la communauté est divisée en dépit de notre nombre. Donc, il faut que nous ayons un cadre d’échange d’abord au niveau des opérateurs économiques ; ensuite il faudra se référer à des gens qui ont une certaine expérience et dont nous avons la preuve qu’ils ont des opérateurs économiques avérés, qu’ils ont une certaine sagesse et une disponibilité à échanger avec les autres et avec le reste de la communauté. Nous sommes passés par là pour faire le tour et vendre l’idée. Puis nous avons élaboré les textes, parce qu’il faut bien que nous puissions mener nos activités dans un cadre légal. Textes que nous avons déposés auprès des autorités administratives de la Côte d’Ivoire. Nous avons reçu en retour un récépissé qui nous permet de fonctionner. A partir de ce moment, nous avons engagé un certain nombre d’activités. Nous nous sommes déportés à Yamoussoukro, où nous avons réuni des opérateurs économiques de toute la région pour leur expliquer l’idée. Il y’a eu une forte adhésion. Nous sommes revenus à Abidjan. Nous sommes passés par les Guides religieux, nous avons rencontré le Cheik Aziz Sarba, demander ses bénédictions et prières. Nous venons de rencontrer le Révérend père Emmanuel Zabsonré, Curé de la paroisse Notre Dame du Perpétuel Secours de Treichville, pour demander bénédictions et prières d’accompagnement. Et comme je vous le disais tout à l’heure, nous nous sommes présentés aux autorités, bien entendu, en passant par SEM. l’ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire et le Consul général qui nous accompagnent depuis que nous avons émis l’idée. Maintenant, quel genre de relations nous entretenons avec les associations ? Nous sommes ouverts. Elles sont au moins 2 ou 3 associations qui sont venues nous voir déjà demander une collaboration et un accompagnement même, pour que de temps en temps nous puissions venir à leurs côtés pour que nous puissions partager nos expériences. Nous sommes ouverts !

    Une dernière question, vous venez de présider une rencontre de conciliation et de réconciliation de deux compatriotes : Une tache qui aurait dû échoir à un des consulats, que vous avez pu avec beaucoup maestria mener pour parvenir à un point d’accord. Vous disiez à l’occasion que ‘’le COEBCI n’est pas créé pour des parades’’. Que vous voulez-vous faire comprendre par ces deux séquences évoquées ?

    Merci beaucoup. Travailler à réconcilier des frères, je crois que c’est l’un des fondements même, un maillon essentiel des objectifs même du COEBCI. Quand nous nous sommes retrouvés en Assemblée générale à Yamoussoukro, il y’a eu un cas presque similaire qui s’est présenté à nous. Deux frères de Bouaké qui, depuis deux ans, ne se parlaient plus et pourtant auparavant c’étaient de grands amis. Au cours de nos échanges, il y a un frère, je crois El Hadj Boukari Sawadogo qui a eu le courage de dire qu’il y’a un point qui ne concernait pas notre rencontre, mais, si vous permettez je vais l’évoquer. Je lui ai dit qu’il n’y avait aucun problème. Il dit il y’a deux frères qui sont opérateurs économiques mais qui depuis 2 ans ne se parlent pas, ne veulent pas se voir pour une histoire banale de véhicules. Je demande alors s’ils sont dans la salle. Il me répond ‘’oui ils sont dans la salle’’. Je leur demande de venir. Ils se sont présentés tous les deux ; j’ai demandé à certains membres du Bureau comme Issaka Sawadogo, Pathé’O, Kanazoé Mariam, il y’avait Kindo qui est mon Secrétaire général, Bonané, Ouédraogo Madi de Western Union, et je leur ai demandé, ensemble, s’ils sont d’accord pour qu’on demande pardon à ces deux frères là. Ils ont dit ‘’ok’’. Nous leur avons demandé pardon. J’ai dit si on pouvait même se mettre à genoux on allait le faire, mais comme ils sont des petits frères, nous n’allons mettre à genoux devant eux. On va vous demander pardon au nom de tous les doyens qui étaient là et de tous les membres du COEBCI présents. Ils se sont salués et se sont embrassés devant nous. Nous sommes sortis de là. Une semaine après, j’ai appelé pour vérifier. Ils disent ‘’Président nous ne pouvons pas prendre le risque de ne pas accepter ce pardon devant tous ceux qui étaient là, et d’ailleurs nous sommes entrain de déjeuner ensemble’’.
    Pour le dossier dont vous faites cas, celui des deux frères qui étaient là, les frères Kaboré qui résident à Méagui mais qui sont tous issus d’un même village de Zorgho, je dois dire que ça fait depuis 4 ans qu’ils ne se parlent pas. Nous avons eu une première séance de réconciliation qui a eu lieu de 15h jusqu’à22h, sans succès. Nous n’avons pas réussi à les réconcilier, ce jour-là. Mais, je n’ai pas abandonné le dossier. J’ai demandé à des personnes ressources de se rapprocher d’eux pour continuer la négociation, jusqu’à ce qu’ils acceptent de venir ce 21 décembre 2019 (NDLR date de l’interview) pour la séance de réconciliation. Voyez, l’homme doit être au centre de toutes nos activités. Tout ce que le COEBCI va faire quelle que soit l’activité, quel que soit le programme à déployer, ce doit être toujours au bénéfice des hommes. Tant que ça ne profite pas aux hommes, je pense que ce n’est pas la peine. Nous sommes des Opérateurs Economiques, chacun mène ses activités. Il ne s’agit pas de se réunir pour partager de l’argent, ou quoi que ce soit ou une activité qui n’apporte pas la paix, la cohésion, l’entente, la solidarité au sein de nos membres, de sorte que cela serve d’école à ceux qui nous regardent et à ceux qui sont incapables de s’asseoir ne serait-ce qu’une minute sans se faire la bagarre. Il faut qu’au sein de notre communauté, la mesquinerie si on ne peut pas l’éradiquer, qu’on arrive au moins à attirer l’attention des uns des autres sur le fait que nous sommes venus chercher, mais chercher dans la cohésion. Les autres communautés venues comme nous, cherchent dans la cohésion.

     

    Entretien réalisé par Diaspo24.info et IB de Hakiiqa

     

     

  • Pascal Dimzouré : ‘’Voici les grandes innovations du FRAT 5 ’’

    ‘’Pourquoi le FRAT se déroule toujours à Grand Bassam’’
    • ‘’Les 7 villes que sillonnera la Caravane’’

    1,2 et aujourd’hui 5. A force de persévérance et habité par un souci de promouvoir la vie culturelle des communautés du Burkina Faso, et de la Côte d’Ivoire, Pascal Dimzouré, Communicateur de renom remet le couvert pour la 5è édition du Festival de la Fraternité dans moins d’un mois, précisément du 18 au 20 Octobre 2019 à Bassam. Quel est l’état des préparatifs de ce grand rendez-vous socio-culturel ? Quelles en seront les innovations ? Et pourquoi le choix constant de la ville de Grand Bassam ? Il répond sans détours aux questions de Diaspo24.info

    Le Festival de la fraternité (FRAT) sera, en octobre prochain, à sa 5ème édition. Quelles en sont les dates précises ? Et comment se déroulent les préparatifs ?

    Le Festival de la Fraternité se tiendra du 18 au 20 octobre 2019 à Grand Bassam et sa traditionnelle caravane à l’intérieur du 21 au 27 octobre 2019. Cette caravane traversera 7 villes dont Vavoua, Daloa, Zoukougbeu, Duekoué, Soubré, Méagui, San Pedro afin de véhiculer des messages sur le thème du FRAT 5. Il faut préciser que les entrées au FRAT sont libres. Le Commissariat général est en plein préparatif afin de donner le meilleur d’une bonne organisation.

    La 5ème édition a-t-elle un thème et des innovations spécifiques ?

    Si ! Le thème de cette édition est « la culture comme vecteur de cohésion sociale ». Les innovations sont majeures. Nous avons souhaité rendre le FRAT plus communautaire. Au-delà de l’intégration, la promotion culturelle et artistique, pour cette édition nous mettrons l’accent sur la formation de la communauté. A cet effet, nous tiendrons trois ateliers de formation gratuitement offerts par le FRAT. Une formation sur les métiers de la photographie dédiée aux jeunes, une communication sera donnée par le Directeur de la promotion de l’industrie culturelle du Ministère des Arts, de la Culture et du tourisme du Burkina Faso sur le management artistique et l’entreprise culturelle et enfin une formation à l’endroit des femmes leaders d’association sur deux modules : entreprises et famille / cycle élémentaire des affaires.

    Pourquoi privilégiez-vous la ville de Grand Bassam, pour de tels rendez-vous annuels ?

    Le choix de la ville de Grand-Bassam n’est pas fait au hasard. Grand-Bassam est la première capitale de la Côte d’Ivoire, c’est une ville balnéaire très visitée par la population cosmopolite abidjanaise le week-end, et se présente à ce titre comme un cadre idéal pour la production d’un festival. Mais le choix est aussi historique, parce qu’un tournant très important de l’histoire du Burkina a été écrit ici à Grand Bassam. En septembre 1932, la Haute-Volta fut dépecée au profit du Soudan français (actuel MALI), de la Côte d’Ivoire et du Niger. Après la seconde Guerre Mondiale, le Mogho Naaba Koom, empereur des Mossis a entamé des négociations avec les colons français à l’époque basés à Grand Bassam qui ont abouti à la réunification de la Haute Volta aujourd’hui Burkina Faso. Il y’a aussi l’épisode de la première marche démocratique de Côte d’Ivoire, celle dite la marche des femmes de Grand Bassam, dont firent partie quelques femmes burkinabè. Toutes ces raisons mises ensemble nous ont incité à installer le Festival de la Fraternité Ivoiro-Burkinabé à Grand Bassam.

    Le FRAT a-t-il conquis le cœur des communautés ivoiriennes et burkinabè au fil des ans ? Qu’est-ce qui fait alors son charme ou sa particularité ?

    Nous pensons qu’au fil des ans, les communautés s’approprient le FRAT, la preuve, le FRAT décentralisé est à la demande des communautés de l’intérieur. Ce festival a une particularité car elle célèbre la culture de deux communautés. Nous sommes dans l’esprit du TAC qui prône l’intégration des peuples.

     

    Y’a-t-il de artistes de renom invités, en lever de rideau, aux cérémonies d’ouverture et de clôture?

    Pour les 3 jours de festivités, le Commissariat général a déjà repéré une dizaine de troupes de danses traditionnelles burkinabè et ivoiriennes, une vingtaine d’artistes musiciens et humoristes se produiront sur le podium du FRAT 5. Pour ce qui est de la caravane dans les 7 villes retenues également une dizaine d’artistes y prendront part. Pour revenir à votre question, les artistes de renom ne presteront pas à la cérémonie d’ouverture ; nous avons privilégié le podium du FRAT. Et comme déjà signifié, nous mettrons l’accent sur 100% live à cette édition. Les artistes qui presteront joueront en live. L’année prochaine un podium Off sera érigé dans la ville de Grand Bassam pour les artistes en herbes et les prestations Play back, car n’oubliez pas que c’est dans cette masse qu’il y a de vraies graines de stars.

    Un appel ?

    Je voudrais ici dire merci à tous ceux qui nous ont fait confiance depuis la première édition, les médias partenaires, les institutions, les entreprises, les leaders de la communauté et l’ensemble des communautés ivoiriennes et burkinabè, nous leur demandons de toujours soutenir FRAT. De nos jours, les ressources financières sont rares, et vu que l’entrée du FRAT est libre, ce n’est pas facile mais nous tenons la route. Nous demandons à la population de sortir massivement afin de nous permettre de gagner le pari de cette 5ème édition.

    Entretien réalisé par Diaspo24.info

  • HAMED SAVADOGO (CNB-CI):  »Je suis crédité de la confiance des jeunes »

    A quelques jours de son investiture en qualité de Président de la Jeunesse du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire (CNB-CI), Hamed Savadogo, cette figure de proue de la jeunesse de la diaspora fait une sortie des plus éclatante à Diaspo24.info. De sa nomination, de ses missions, des célébrations séparées du 8 mars par les femmes, des enjeux de la présidentielle 2020 Hamed parle, parle et parle.

    Après consultation et l’obtention de votre accord, le Président Salogo vient de vous nommer Président de la Jeunesse du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Comment vivez-vous cette nomination ?

    Au prime abord permettez moi de vous dire que je reste admiratif de votre dévouement pour le bien-être de notre communauté, celle de la diaspora Burkinabè en Côte d’Ivoire.
    Le doyen Mamadou SALOGO en m’élevant à cette nomination, à mon sens, est la preuve et l’expression de sa confiance qu’il porte à l’ensemble de la jeunesse de la diaspora Burkinabè en Côte d’Ivoire. Comme vous le savez, votre serviteur, Hamed SAVADOGO, a toujours compris et œuvré pour le rassemblement au sein de notre communauté sans distinctions aucunes encore moins sur la base de quelconques critères.
    L’occasion m’est ainsi donné de rendre un hommage à M. SALOGO qui objectivement n’a rien à tirer comme avantage à lui en dédiant son énergie pour le bonheur des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Il est un modèle qui nous inspire, nous autres plus jeunes, et j’estime qu’il est à notre avantage de travailler avec un tel monument afin de profiter de sa sagesse et l’aider à améliorer ce qui doit être amélioré.

    Vous aviez une certaine liberté d’expression jusqu’ici. Est-ce que cette nomination au CNBCI ne va pas réduire vos manœuvres et vous ramollir voire endormir ?

    (Rire) Penser cela c’est ne pas connaître véritablement Hamed SAVADOGO. Bien au contraire, ma nomination comme Président de la Jeunesse du Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire devrait me rendre plus rigoureux et pragmatique car l’art de la démagogie est pour moi la pire expression de la trahison. Je suis convaincu que M. SALOGO en me faisant appel est persuadé d ‘avance que le franc-parler et la petite efficacité qu’on me reconnaît devrait contribuer au dynamisme de cette importante organisation qu’est le Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire.

    Président des jeunes du Yatenga, Président des jeunes du CNBCI, Vice-Président du CAMJBCI, ne craignez-vous pas de faire un mélange de genre avec vos nombreuses casquettes au sein de la communauté ?

    Plus nous avançons, plus nous gagnons en crédit vis-à-vis de nos amis, devanciers et des autorités consulaires et diplomatiques. Ce sont donc des charges, je dirais des responsabilités auxquelles nous sommes associés et pour lesquelles nous nous dédions avec dévouement pour le bonheur de notre vaillante et travailleuse communauté Burkinabè en Côte d’Ivoire. Toutefois, nous vous rassurons quant au fait que nous nous faisons entourer de personnes fortes et compétentes grâce à qui la confiance qui nous est faite reste intacte et honorée.

    Avec de jeunes leaders, vous venez de mettre en place le Cadre de concertation des associations, est-ce que ce projet n’est pas une manière détournée de jouer les premiers rôles au détriment d’autres faitières déjà existantes ?

    Je vous remercie de me permettre de revenir sur les circonstances de ma participation aux réunions préparatoires en vue de la mise en place du Cadre de Concertation que vous avez évoqué. J’ai été invité, à l’instar, de plusieurs leaders de mouvements de jeunes de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire à une séance d’explication faite par les initiateurs de cette nouvelle organisation. J’ai écouté et compris que la motivation première de sa création se résumait à fédérer les organisations de la société civile de la diaspora Burkinabè en Côte d’Ivoire en vue des échéances électorales à venir. En ce qui nous concerne entant que « Diaspo », l’enjeu reste notre participation à la présidentielle de 2020. Comment s’y prendre pour avoir une voix forte et peser lourd pour obtenir ce droit en 2020? Les initiateurs du Cadre de Concertation des Associations ont trouvé important que nous y travaillons ensemble et de façon collégiale.
    Le Cadre de Concertation trouve donc sa raison d’être, exclusivement, dans l’obtention et la jouissance de la diaspora de son droit de vote à commencer par la présidentielle de 2020 au Faso. Toutes les associations présentes ont donc reconnu la justesse et l’opportunité de ce combat étant donné que ce point en écrit en marbre au nombre de nos objectifs respectifs. Naturellement, je n’y ai pas trouvé d’inconvénients à l’accompagner. En définitive, je n’en suis pas l’initiateur mais plutôt un sympathisant au regard de l’objectif que je trouve noble.

    Vous avez désormais une page officielle sur facebook où de plus en plus vous partagez des opinions, comme des dirigeants de notre temps. Quel est le projet ?

    Comme je le disais tantôt être crédité de la confiance et du respect des jeunes, des hommes, des femmes n’est pas donné. Nous remercions le Ciel pour cette confiance et l’honneur qui nous est démontré au fil du temps au sein de notre communauté et qui au passage a justifié ma récente nomination au Conseil National des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Au regard de ceci, j’estime bon et utile de partager ma vision sur les faits qui marquent notre quotidien, coacher et contribuer au développement personnel de ces honorables personnes pour qui nous sommes des modèles et qui nous suivent sur les réseaux sociaux. Là se situe également un volet de la responsabilité sociale des leaders d’opinions, que nous sommes, du président de mouvement de jeunesse que je suis : Rapprocher, motiver et conseiller. Et c’est ce que nous nous efforçons à faire chaque jour un peu plus.

    Quelques camarades de lutte vous soupçonnent de vouloir prendre le contrôle du CAMJBCI. Qu’en dites-vous, clairement ?

    À vrai dire je reste surpris par ces intentions qu’on me prête et dont j’ai d’ailleurs entendu certains membres de notre collectif prétendre. J’en reste vraiment sans mots et comme vous l’avez sans doute remarqué, je n’accorde aucun sérieux à ce genre de propos. Vous avez énuméré mes nombreuses responsabilités au sein de la société civile de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Je ne cours pas après les titres, bien au contraire… Autrement, en ai-je terminé avec mes activités professionnelles ? Ce n’est pas très juste de le dire.
    Le Président du CAMJBCI, ZALLÉ MOUSSA, mon président est d’une courtoisie et un dynamisme remarquable. Nous relations vont au-delà de l’organisation qui nous unit pour emprunter celle de la fraternité. J’estime alors que, ces manœuvres visent à saper la bonne cohésion de notre collectif qui en quelques années d’existences a à son actif des acquis importants.

    La célébration de la journée internationale de la Femme dans notre communauté en trois lieux et groupes différents à savoir Consulat, Inch’Allah et au Palais de la Culture exprime encore à merveille la division même chez nos femmes et mamans. Comment comptez-vous en qualité de leader écouté pour atténuer ou éradiquer ce grand mal ?

    C’est l’occasion pour moi de saluer toutes les femmes du monde. Et je prie que leurs droits soient davantage respectés et qu’elles soient davantage valorisées. Je pense tout particulièrement aux femmes du Burkina Faso, ma terre, et celles de la Côte d’Ivoire, mon pays d’adoption.
    Pour revenir à votre question, j’ai constaté tout comme vous et tout le monde, la célébration en rang dispersé du 08 mars à Abidjan par notre communauté.
    Cet état de fait résulte, à mon sens de l’inorganisation et du manque de cohésion véritable au sein de notre communauté.
    La célébration éclatée de la journée du 08 Mars n’est pas un mal en soi. Au Burkina Faso, il est célébré par différentes organisations en fonction de leurs affinités et de façon indépendante les unes des autres.
    Mais dans le cas d’espèce, en tant qu’expatriés, il constitue la preuve que avons besoin de véritablement nous unir et c’est le combat que je mène depuis plusieurs années.

    Un décret a été récemment pris en Conseil des Ministres il y a quelques jours qui érige un Consulat Général à Soubré. Serait-ce pour vous un indicateur que la diaspora votera enfin en 2020 ?

    L’érection du Consulat de Soubré en Consulat Général est une promesse faite par le Ministre des affaires Étrangères Alpha Barry, en juillet 2016 en marge du 5è Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) lors de la rencontre du Président du Faso, M. Kaboré, avec la diaspora Burkinabè à la Fondation Félix Houphouet-Boigny, et ce, au regard de la forte densité de notre communauté dans cette région du Centre-Ouest ivoirien. Nous le considérons comme un signal important vers la tenue du vote de la diaspora en Côte d’Ivoire tout particulièrement, toutefois, nous en serons plus convaincus lorsque le recensement de notre communauté en vue de la présidentielle de 2020 sera effective.

    Et si cette diaspora ne votait pas en 2020, qu’est ce qui pourrait se passer ?

    Nous faisons confiance à nos autorités consulaires, diplomatique et étatique avec à sa tête le Président Rock Christian Kaboré qui en a pris l’engagement à Yamoussoukro en juillet 2016 à Yamoussoukro. Entant que Burkinabè nous connaissons la valeur de la parole donnée donc sur cette base l’hypothèse que la diaspora ne voterait pas en 2020 reste infirme.

    Et si cette diaspora ne votait pas en 2020, qu’est ce qui pourrait se passer ?

    Mon mot de fin se résume à des remerciements à l’endroit de la grande famille de la communication de la diaspora Burkinabè en Côte d’Ivoire dont Diaspo24. Mes remerciements vont également à l’endroit de nos autorités coutumière, religieuse, consulaire et diplomatique pour le soutien renouvelé à toutes nos initiatives. À M. Mamadou SALOGO, je lui exprimerais toute ma gratitude en m’engageant à donner le meilleur de moi pour l’épanouissement de notre communauté burkinabè en Côte d’Ivoire.

    Entretien réalisé par Diaspo24.info

     

  • BOUKARI S. : ‘’Le Cadre de Concertation? Pas de problème de leadership’’

    Il a eu la lumineuse idée, comme nombre de jeunes leaders au sein de la diaspora, de proposer le Cadre de Concertation comme l’instrument de lutte pour fédérer toutes les associations de burkinabè pour la participation effective du Burkinabè de l’Etranger à la future présidentielle au Faso. Boukari Sawadogo, Président du Mouvement Africain pour l’Intégration en Côte d’Ivoire (MAICI), membre du CAMJBCI en dit plus et beaucoup à travers cette interview.

    Bonjour président Boukari Sawadogo il nous revient que vous êtes l’un sinon le principal inspirateur du Cadre de Concertation, qu’est-ce que c’est en réalité ?

    Le cadre de concertation est un cadre d’expression d’échange et de discutions de l’ensemble des leaders d’associations de collectifs qui devrait refléter la vraie majorité de la communauté.

    Il y’a déjà d’une part le Camjbci et l’autre la Cabci. Pourquoi une autre association qui à tous les coups ressemble à une association de trop ?

    Le cadre de concertation n’est pas une association, il est juste une tribune où toutes les associations et tous les collectifs se retrouveront pour échanger discuter et trouver des solutions aux maux qui minent la communauté
    Vous êtes à ce que nous sachions un membre du Camjbci. Pourquoi vous ne déployez pas votre énergie de l’intérieur pour ouvrir le Camjbci aux autres associations et ainsi le rendre plus fédérateur et plus conquérant ?
    Il faut avouer qu’à la création du Camjbci l’idée était de fédérer les associations mais malheureusement il y’a eu une incompréhension avec certains leaders qui ont pris leur distance et ils sont allés créer la Cabci vraiment dommage une crise s’est vite installée entre les deux collectifs et ceci rendait difficile la mission de fédérer les associations.

    Est-ce que le Président Zallé Moussa vous a donné son accord ? Vous ne craignez pas que votre lumineuse idée échoue ou alors que cela exacerbe les querelles de leadership ?

    Écoutez, quand il s’agit de l’intérêt général d’une communauté est ce qu’on a besoin d’un accord pour émettre ou faire prospérer une idée ? Je ne le pense pas. L’intérêt général est au-dessus de nos modestes personnes et je ne vois pas en quoi Zallé s’opposerait à l’idée d’un cadre de concertation pour le bien de la communauté. Pourquoi pensez-vous qu’une idée salutaire échouerait ? Je n’y pense pas à mon niveau le cadre de concertation ne posera pas de problèmes de leadership puisque c’est de manière concerté que les décisions seront prises.
    Et si le cadre de concertation prévalait ne consacrerait-il pas la mort du Camjbci ?

    En quoi le cadre de concertation consacrera-t-il la mort du Camjbci ? Le Camjbci est une structure autonome comme toutes les autres et continuera à exercer ses activités comme toutes les structures d’ailleurs. Toutes les structures se retrouveront dans le cadre de concertation quand il s’agira des questions d’intérêt général pour donner une force à la lutte comme je le dis toujours aucune structure aussi forte soit elle ne pourra à elle seule gagnée une lutte mais c’est ensemble que nous y arriverons.

    Comment le cadre de concertation fonctionnera ? Quel est le programme en vue ?

    Pour le moment, il s’agit ici d’une première rencontre pour partager et échanger l’idée d’un cadre de concertation et après adoption par l’ensemble des participants et de manière concerté nous donnerons un mode de fonctionnement et partant de cela un programme sera fait.

    L’Ambassadeur Zongo Mahamadou a été aperçu aux funérailles du richissime Patounezambo OUEDRAOGO à Bietry dimanche dernier. Votre réaction ?

    Avant tout propos je voudrais présenter mes sincères condoléances à la famille et à la communauté burkinabé que son âme repose en paix. Nous sommes en Afrique et l’Africain a un respect pour le mort d’où notre solidarité en pareille circonstance et son excellence en tant que africain et citoyen burkinabé est allé apporter sa compassion à la famille quoi de plus normal. Je constate que son service Com est revenu pour dire qu’il y étai et a signé le livre de condoléances au nom du Président du Faso. Cependant je l’encourage et l’invite à continuer d’être solidaire avec sa communauté sans distinction. Sinon pas de réaction particulière.

    Un mot de fin

    Je voudrais remercier diaspo24.info pour l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer sur des sujets de l’heure. Je lance un appel à tous les leaders aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur de prendre toutes les dispositions pour participer à la première rencontre du Cadre de Concertation ce dimanche 4 mars à Koumassi Ecole Mondon, près de la pharmacie iroko, sur la ligne 32 à partir de 10 h toute la diaspora est attendue.

    Interview réalisée par Diaspo24.info